Rétablissement du signal de Walfadjri : 200 journalistes ont signé la pétition

Plus de 200 journalistes ont signé une tribune pour le rétablissement du signal de Walf TV.

Walfadjri

Le 3 février 2024, le président sénégalais, Macky Sall, a annoncé avoir abrogé le décret convoquant le corps électoral en vue du scrutin présidentiel prévu le 25 février 2024. Le lendemain vers 18 heures GMT, le journaliste Pierre Édouard Faye, qui présentait une édition spéciale autour du sujet sur la chaîne privée généraliste Walf TV, rapportait ce message en direct : « Le ministre de la Communication a appelé pour dire que le signal de Walf TV sera coupé si nous continuons. C’est un message de Cheikh Niass (le Président Directeur Général du groupe Walfadjri) que je viens de recevoir ».

Peu de temps après cette mise en garde, le signal de Walf TV a été coupé sur la Télévision Numérique Terrestre (TNT) et sur le bouquet de Canal +.

Du droit fondamental du public à l’information

Comme souvent, en de pareilles circonstances, Walf TV a organisé un débat en direct autour de cette actualité -qui a provoqué l’ire des Sénégalais- dans le souci de respecter le droit fondamental du public à l’information.

Que reproche-t-on exactement à la chaîne de télévision ? Est-ce le fait d’avoir donné la parole sur le plateau à des journalistes émettant librement et sans ambages leurs opinions ou celui d’avoir rendu compte fidèlement, à travers l’image, de la situation sur le terrain ? Aucune des deux hypothèses émises ici ne saurait justifier la réaction du ministre de la Communication, des Télécommunications et de l'Economie numérique, Moussa Bocar Thiam.

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Notre ministre de tutelle a clairement empiété sur les prérogatives dévolues au Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA). En juin 2023, Moussa Bocar Thiam, invoquant l’article 192 du Code de la presse, avait déjà infligé à Walf TV une suspension injuste d’un mois en raison de sa couverture des manifestations meurtrières qui ont suivi la condamnation à deux ans de prison ferme pour “corruption de la jeunesse” de l’opposant Ousmane Sonko.

Tout cela n’est ni plus ni moins qu’un acharnement traduisant une volonté d’imposer une ligne de conduite au groupe Walfadjiri. C’est donc peine perdue. Rien n’y fera.

Walfadjri n’a pas changé avec le temps malgré la censure. Au fil des années, le groupe est resté constant dans la défense de la démocratie. On ne peut hélas en dire autant pour les tenants du pouvoir d’aujourd’hui, opposants et fervents défenseurs de la liberté de la presse d’hier.

La révocation de la licence de diffusion de Walf TV, nouveau coup porté au pluralisme médiatique, représente le énième symbole du recul de la liberté de la presse et de la démocratie au Sénégal.

  • Nous vous avions vu venir avec les arrestations de journalistes et la multitude de charges purement factices censées les intimider.
  • Nous vous avions vu venir avec les restrictions d'Internet, pratique anti-démocratique d’un autre âge, pour empêcher les médias d’informer juste et vrai les citoyens en temps réel.
  • Nous vous avions vu venir avec les interruptions intempestives de la couverture des manifestations par les forces de l’ordre. 

Leur harcèlement continu, destiné à préserver leurs bavures de l’archivage historique de nos appareils, ressemble à bien des égards à un désir de gouverner sans rendre compte.

L'empressement dans le retrait de la licence de diffusion de Walf TV trahit une hantise des voix discordantes au sein du pouvoir. Nous autres, journalistes et médias encore “épargnés" par cette tempête tyrannique, voyons comment elle avance depuis tant d’années, emportant avec elle nos acquis démocratiques.

Nous n’attendrons pas qu’elle veuille se tourner instinctivement vers une autre voix dans nos rangs. Nous sommes conscients de la nécessité de nous dresser comme un seul homme pour freiner la marche de politiques déterminés à prendre la direction inverse au train de l'Histoire démocratique du Sénégal.

Comme le travail de sape des principes sacro-saints de l’État de droit, d’aucuns souhaitent porter le coup fatal à une institution de la presse, témoin chancelant, mais sans faillir, des vacillements démocratiques au Sénégal.

Résister à cette folie liberticide n'est pas une question de choix, mais de survie pour la presse sénégalaise.

Monsieur le président de la République Macky Sall,

Nous n’ignorons guère que les démonstrations de zèle fort embarrassantes de votre ministre de la Communication, bras armé de la censure d’État, ne sauraient exister sans votre approbation.

Nous, signataires de cette pétition, exprimons notre soutien indéfectible à nos confrères et consœurs de Walf TV.

Nous exigeons immédiatement de l’État le rétablissement du signal de Walf TV et la fin du harcèlement des journalistes au Sénégal.

Il est primordial, en ces temps difficiles pour notre pays, que les journalistes s’unissent afin de faire face dignement aux multiples menaces qui planent sur la presse.

Ensemble, défendons la liberté d'expression, un des marqueurs d’une société démocratique.

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