Touba : un faux infirmier arrêté après 25 ans d’exercice illégal de la médecine

Babacar Dione a été arrêté après 25 ans d’exercice illégal de la médecine à Touba. Il a été interpellé avoir administré une injection mortelle (une dose de Diprostene) à son patient Mame Cheikh Fall.

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Clap de fin pour le faux infirmier Babacar Dione. Cet "agent de santé" qui s’est installé à Darou Khoudoss de Touba, à quelques encablures de la grande mosquée, est en effet poursuivi pour exercice illégal de la médecine et mise en danger de la vie d’autrui. Il est tombé, après avoir administré une injection intramusculaire (mortelle) à un patient dans sa clinique privée.

Les faits remontent au lendemain de la Tabaski. D'après le récit de L'Obs, comme d’habitude, l’infirmier reçoit dans sa clinique un patient qui se tordait de douleur. Au sortir de ce traitement, la victime Mame Cheikh Fall, âgé de 35 ans, a eu une tuméfaction de la fesse droite.

Venu passer la fête de la Tabaski en famille, il décide de retourner à Dakar. Son état de santé allant de mal en pis, il a été acheminé par ses proches tour à tour à l’hôpital Fann et à l’hôpital Idrissa Pouye. Jugeant le coût de son traitement excessif, ses parents ont pris la décision de l’emmener à l’hôpital Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba. Malheureusement il a succombé à l'hôpital Matlaboul Fawzainy.

Pour disposer du corps, ses parents se sont rendus au commissariat de la police pour se faire délivrer un certificat aux fins d’inhumation. Mais la Police a ordonné une réquisition suivie d’autopsie pour connaître les réelles causes du décès de Mame Cheikh Fall. "L'infirmier" qui est le premier à recevoir et traiter le patient a été convoqué et soumis au feu roulant des enquêteurs. Babacar Dione, âgé de 53 ans, passe ainsi aux aveux et reconnaît avoir fait une injection de Diprostene à son patient Mame Cheikh Fall.

Interrogé sur la légalité de sa clinique, il déclare être un infirmier breveté exerçant au quartier Darou Khoudoss depuis 1997, mais ne disposant pas encore d’une autorisation administrative bien qu’il ait fait toutes les formalités administratives. Suffisant pour que les enquêteurs le placent en position de garde à vue pour exercice illégal de la médecine et mise en danger de la vie d’autrui.

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Sur réquisition de la police, le corps du défunt a été acheminé à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand Yoff pour les besoins de l’autopsie. Le médecin légiste conclut à un décès dans un tableau de choc septique secondaire à une suppuration de la fesse droite. L’enquête suit son cours au commissariat spécial de Touba.

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