Malgré une 29e place au classement final du Ballon d'Or mondial, l’international sénégalais Sadio Mané tourne définitivement la page et concentre désormais ses ambitions sur le Ballon d'Or Africain. Il n’a pas encore rangé ses griffes. Car le classement de France Football raconte une histoire, pas nécessairement toute l’histoire. Celle d’un joueur qui évolue désormais à Al-Nassr, loin des projecteurs hebdomadaires de la Ligue des champions, mais qui continue de peser lorsque le maillot national entre en scène. Et sur le continent africain, où les critères de reconnaissance ne se confondent pas entièrement avec ceux du scrutin mondial, Mané conserve des arguments de poids.
Les arguments de Sadio Mané
Deux buts, trois passes décisives et surtout le trophée de meilleur joueur de la CAN 2025 : le Sénégalais a été l'un des grands visages de la compétition. Dans une élection continentale, cette influence en sélection peut peser lourd. Mané possède aussi un argument qui ne se mesure pas uniquement en statistiques : son leadership. À mesure que les années passent, son rôle dépasse celui d'un simple attaquant chargé de faire trembler les filets. Il reste une figure centrale de la sélection sénégalaise, un joueur dont l'expérience et la capacité à répondre présent dans les rendez-vous importants nourrissent naturellement sa candidature.
Et puis, il y a Al-Nassr. Le titre de champion d'Arabie saoudite remporté avec le club de Riyad en 2025-2026 vient enrichir son dossier. Mais évoluer dans un championnat moins exposé que les grandes ligues européennes peut aussi limiter la visibilité de ses performances. Le paradoxe est là : Mané continue de gagner, mais son football ne bénéficie plus de la même caisse de résonance médiatique qu'à Liverpool.
Champion, 9 passes décisives en 36 matchs, une seule défaite...
Sous le maillot d'Al-Nassr, Mané a d'abord refermé un chapitre resté ouvert depuis son arrivée en 2023. Le titre de champion d'Arabie saoudite, le premier de son aventure dans le Golfe. Quatorze buts et neuf passes décisives en 36 matches toutes compétitions confondues, et une donnée qui en dit long sur son influence. Al-Nassr n'a pas perdu une seule fois lorsqu'il était sur la pelouse.
Une blessure à la cheville, à la mi-mars, l'a tenu éloigné des terrains une quinzaine de jours, sans entamer sa régularité. Aux côtés de Cristiano Ronaldo, le plus souvent installé côté gauche, le Sénégalais n'est plus le finisseur des grandes années de Liverpool. Il est devenu un régulateur, celui qui fait respirer une attaque, presse le premier et décide du tempo. Un rôle moins spectaculaire, mais tout aussi précieux.
L'ombre de Hakimi ?
Le problème, pour Sadio Mané, porte un nom : Achraf Hakimi. Le Marocain, tenant du Ballon d'Or africain, a terminé à la 13e place du classement mondial, soit seize rangs devant Mané. Il a également remporté la Ligue des champions avec le Paris Saint-Germain, un trophée qui pèse dans une saison de référence. Sur le papier, son dossier est particulièrement solide.
Verdict le 7 décemre prochain
Mais Sadio Mané peut ainsi espérer que son poids dans le sacre sénégalais à la CAN fasse la différence. Le duel entre les deux hommes oppose, en quelque sorte, la régularité au plus haut niveau européen et l'influence d'un leader dans une compétition continentale majeure. Une opposition qui promet d'animer les débats jusqu'à la cérémonie, prévue le 7 décembre prochain, au Wole Soyinka Centre de Lagos, où la CAF désignera le successeur d'Achraf Hakimi.