4h de huis clos et des secrets WhatsApp déballés au procès des 12 homosexuels
Hier jeudi 5 novembre 2026, au terme d'un huis clos d'audience spéciale de quatre heures, le procureur de la République de Ziguinchor a requis une lourde peine de huit ans de prison ferme et une amende de 5 millions de FCfa à l'encontre de douze individus poursuivis pour association de malfaiteurs et actes contre nature. En revanche, le ministère public a prononcé la relaxe des prévenus concernant le délit de transmission volontaire du VIH/Sida, faute de certificats médicaux légaux versés au dossier.
L’affaire avait débuté au mois d’août dernier par un coup de filet majeur de la Section de recherches de la gendarmerie de Ziguinchor. Les pandores avaient infiltré et démantelé une cellule clandestine regroupant des profils professionnels particulièrement diversifiés : des tailleurs, des commerçants, des conducteurs de moto Jakarta, un cuisinier, un élève, un étudiant, un promoteur commercial et un infirmier. Évoqué une première fois le 13 octobre, le procès, relate L'OBS, avait été renvoyé en audience secrète par le président du tribunal en application de l’article 388 du Code de procédure pénale, protégeant ainsi l'intimité des débats;
Les aveux numériques...
Durant le face-à-face marathon de ce jeudi, les douze prévenus ont choisi de nier en bloc l'intégralité des accusations. Mais le Procureur a pilonné leur système de défense en sortant l'arsenal des scellés technologiques. Les magistrats ont confronté les suspects aux données extraites de leurs smartphones par les experts en cybercriminalité, révélant de longs historiques d’échanges cryptés sur l'application WhatsApp et des contenus multimédias à caractère sexuel explicite. Si l'enquête préliminaire avait établi que cinq des personnes interpellées s'étaient révélées positives au VIH lors d'un dépistage volontaire en garde à vue, le parquet a fait machine arrière sur ce volet criminel. Constatant l'absence de rapports d'expertise clinique contradictoires attestant d'une volonté délibérée de contaminer des tiers, le maître des poursuites a abandonné ce chef d'inculpation.
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Les douze hommes ont été reconduits sous escorte militaire dans les cellules de la citadelle du silence, suspendus au verdict du mardi 10 novembre qui dira si la justice validera le sévère réquisitoire du parquet.