Ados séquestrées et violées pendant 4 jours : ce que révèlent le rapport gynécologique
Depuis dimanche, l’angoisse étranglait les familles de deux jeunes filles de 13 ans. L’une d’elles, coutumière des fugues, avait entraîné sa copine de classe dans une dérive qui a failli virer au drame. La mère de l’une des élèves en classe de 6e, M. Diène, mue par un instinct maternel infaillible, s’est transformée en enquêtrice. Ses recherches depuis son domicile de Gadaye, l’ont menée jeudi jusqu’à Yeumbeul, puis au marché Khelcom de Wakhinane, où un charretier lui a indiqué une maison suspecte : celle de la famille de Baye Zale.
Sur place, la confrontation est musclée. N. Sow (40 ans), mère du suspect, faisant preuve d'une froideur déconcertante, nie tout. Elle jure que son fils n'est pas là et que les enfants sont absents. Ce que n'entend pas la mère de M. Diène qui monte à l’étage. Elle frappe à la porte d'une chambre où le suspect est bel et bien présent. Sans demander son reste, le jeune homme de 20 ans, écoute à peine la mère de famille qui lui demande les filles mineures et lui claque la porte au nez. Au même moment, l'enfant qui accompagnait la dame lui souffle avoir entendu des voix familières et aperçu les chaussures de M. Diène et A. Bâ, lorsque Baye Zale avait entrouvert la porte. La femme avise la mère de A. Bâ habitant Yeumbeul Asecna, et ensembles, elles courent porter plainte au poste de police de Wakhinane-Nimzatt, pour kidnapping et séquestration de leurs filles.
Sentant l'étau se resserrer, «Baye Zale» parvient à faire sortir discrètement les adolescentes avant de prendre la fuite. Lorsque les limiers, dépêchés sur les lieux, se présentent dans la maison suspecte, dans sa chambre en haut de l'étage, ils trouvent, en cette fin de journée du mercredi, huit jeunes individus en train de discuter. Ils sont tous embarqués au poste de police en compagnie de la mère de famille, N. Sow. Après audition, les huit individus sont relâchés, tandis que la quadragénaire est placée en garde à vue. Dans sa version, elle niait la présence des filles mineures chez elle, en prétendant qu'elles ne s'y étaient présentées que le matin du jeudi et elle les avait chassées. Les fugueuses seront finalement retrouvées à Rufisque chez un parent où M. Diène avait l'habitude de passer ses vacances. Alertée par ce parent, la mère de la victime a pu récupérer les deux mineures avant de les conduire au poste de police.
La mère du suspect préparait les repas des adolescentes, tout en cachant leur présence
Devant les enquêteurs, le récit des deux élèves de 13 ans fait froid dans le dos. Elles ont confessé avoir été les «hôtes» forcées de Baye Zale depuis le dimanche. Dans l'intimité de la chambre, le suspect se serait relayé à tour de rôle sur les deux mineures durant les nuits de séquestration. Plus grave encore, les déclarations des victimes accablent la mère du suspect : c'est elle qui préparait les repas et les montait à l’étage, nourrissant ainsi les enfants tout en cachant leur présence au reste du monde. Le rapport de la réquisition médicale, établi après examen à l'hôpital, est venu confirmer l’horreur.
Le rapport gynécologique révèle une défloration ancienne de l'hymen
Lire plus : https://www.pulse.sn/article/senegal-957-mineurs-victimes-de-viols-dont-342-de-13-ans-2026041110270893258
Le gynécologue a conclu à l’existence de conjonctions sexuelles récentes et a noté une défloration ancienne de l'hymen chez les victimes. Si Baye Zale est actuellement activement recherché par les forces de l’ordre, sa mère, elle, n'a pas échappé à la Justice. Son système de défense, basé sur le mensonge, a volé en éclats face aux témoignages concordants des victimes. Elle a été déférée, vendredi au Tribunal de Pikine-Guédiawaye où elle a bénéficié d’un retour de parquet. Elle est poursuivie pour complicité de kidnapping et de séquestration. L’enquête se poursuit pour mettre la main sur le principal auteur de ces abus, un délinquant notoire aux multiples vols à main armée.