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Affaire Fallou Sène : six mois ferme requis contre l'adjudant Sané

Le procès relatif à la mort de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène s’est tenu ce vendredi 30 octobre 2026 devant le tribunal militaire de Dakar. Poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, l’adjudant Serigne Moustapha Sané a reconnu avoir ouvert le feu lors des affrontements survenus à l’UGB en mai 2018. Le procureur a requis un an de prison, dont six mois ferme, tandis que les parties civiles réclament au total 250 millions de FCFA.
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Le gendarme reconnaît avoir ouvert le feu

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Huit ans après le décès de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène, l’affaire a été examinée ce vendredi devant le tribunal militaire de Dakar. À la barre, l’adjudant Serigne Moustapha Sané, qui avait le grade de sous-lieutenant au moment des faits, a reconnu avoir fait usage de son arme lors des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre sur le campus de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, le gendarme a tenté de justifier son intervention par les circonstances dans lesquelles elle s’était déroulée. Selon ses explications, il aurait agi pour protéger son supérieur, le commandant Abdou Diop, ainsi que d’autres éléments de son unité, qui auraient été blessés et pris à partie par des étudiants. L’accusé a également déclaré avoir effectué trois tirs de sommation avant un quatrième tir qu’il affirme avoir dirigé vers les membres inférieurs des manifestants. Toutefois, le choix de l’arme utilisée a suscité des interrogations au cours des débats. Alors qu’il disposait d’un pistolet automatique de 9 mm, il a finalement fait usage d’un fusil M16.

Des témoignages qui divergent sur les circonstances du drame

Entendu en qualité de témoin, le commandant Abdou Diop, qui dirigeait l’intervention des forces de l’ordre au moment des faits, a confirmé que son subordonné avait ouvert le feu pour protéger les gendarmes et tenter de disperser la foule. Il a notamment évoqué les blessures subies par certains éléments de son unité, dont Pape Matar Diop. Cependant, les déclarations des représentants de la Coordination des étudiants de Saint-Louis entendus à l’audience n’ont pas corroboré la version avancée par le prévenu. L’ancien président de la Coordination, en fonction au moment des événements, ainsi qu’un autre représentant étudiant, ont expliqué avoir plutôt appelé leurs camarades à mettre fin aux jets de pierres afin de permettre aux gendarmes de reprendre leur positionnement. Ces témoignages ont ainsi mis en évidence des versions divergentes sur le déroulement de l’intervention et les circonstances dans lesquelles le tir mortel a été effectué.

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250 millions de FCFA réclamés par les parties civiles

Sur le volet des intérêts civils, la famille de Fallou Sène, représentée par Me Assane Dioma Ndiaye, a réclamé 200 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts. De son côté, la Coordination des étudiants de Saint-Louis, représentée par Me Amadou Diallo, a demandé 50 millions de FCFA. Au total, les demandes d’indemnisation formulées par les parties civiles s’élèvent à 250 millions de FCFA. Dans ses réquisitions, le procureur de la République a demandé au tribunal de déclarer l’adjudant Serigne Moustapha Sané coupable des faits qui lui sont reprochés. Le parquet a ainsi requis une peine d’un an d’emprisonnement, dont six mois ferme.

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Le verdict attendu le 27 novembre

Pour sa défense, le gendarme était assisté par Me Moustapha Dieng. Dans sa plaidoirie, l’avocat a notamment invoqué les dispositions de l’article 315 du Code pénal ainsi que l’état de nécessité. Il a également appelé à l’apaisement à l’issue des débats. Après les différentes interventions des parties, le tribunal militaire a mis l’affaire en délibéré. La décision est attendue le 27 novembre prochain. Pour rappel, Mouhamadou Fallou Sène avait perdu la vie le 15 mai 2018 lors d’affrontements entre étudiants et forces de l’ordre sur le campus de l’UGB. Les étudiants manifestaient alors pour réclamer le paiement de leurs bourses.

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