Nouveau tournant dans l’affaire dite SOS Keur Yeurmandé. Ndella Madior Diouf, jugée devant la Chambre criminelle de Dakar, ne bénéficie pas pour l’heure de la liberté provisoire qui lui avait été accordée à l’issue des débats. En cause : l’appel interjeté par le parquet, qui s’oppose à sa remise en liberté. Selon des sources proches du dossier, cette démarche du ministère public a pour effet de maintenir l’accusée en détention, en attendant la décision définitive de la juridiction. Une situation qui prolonge son incarcération, entamée depuis décembre 2023.
Lors de l’audience, le procureur de la République avait pourtant adopté une position nuancée dans son réquisitoire. S’il avait requis l’acquittement pour certains chefs d’accusation, notamment ceux liés à la traite de personnes, à la privation d’aliments et aux infractions aux règles d’inhumation, il avait en revanche demandé une condamnation sur d’autres volets jugés plus établis. Le ministère public avait ainsi sollicité une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende d’un million de francs CFA, pour des faits d’exercice illégal de la médecine, d’homicide involontaire, de non-assistance à personne en danger et de mise en danger de la vie d’autrui.
Dans le même dossier, des peines de trois mois d’emprisonnement ferme ont été requises contre certains coaccusés, notamment pour non-assistance à personne en danger. La décision finale de la Chambre criminelle est attendue le 26 mai prochain. Plusieurs issues restent possibles. La juridiction pourrait prononcer un acquittement, une peine assortie de sursis ou encore une condamnation équivalente à la durée de la détention déjà effectuée, ce qui ouvrirait la voie à une libération. À l’inverse, une peine plus lourde pourrait entraîner le maintien en détention de Ndella Madior Diouf. D’ici là, l’appel du parquet continue de produire ses effets, bloquant toute remise en liberté immédiate.