Depuis plusieurs décennies, l’État du Sénégal a inscrit la promotion de l’emploi au rang de ses priorités stratégiques, à travers la mise en œuvre de politiques publiques, de plans d’action et de mécanismes de partenariat visant à rapprocher les systèmes de formation des besoins du marché du travail. Mais malheureusement, chaque année, près de 200 000 personnes arrivent sur le marché du travail et l'économie en absorbe très peu. Selon le dernier rapport de l'ANSD, le taux de chômage est estimé à 23,3 % au quatrième trimestre 2025, en hausse par rapport à 2024 (20,0 % - 21,6 %). Cette situation touche particulièrement les jeunes et les femmes, avec une forte disparité entre le milieu rural (29,2 %) et urbain (19,6 %).
Pour inverser la tendance, le ministère de l'Emploi, en partenarait avec le ministère du Travail et le ministère des Finances et le Secteur privé a procédé au lancement de la nouvelle Convention nationale État–employeurs privés (CNEE). Ladite convention a été paraphée, ce jeudi, par les ministres des Finances et du Budget, Cheikh Diba, de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, Moustapha Ndieck Sarré, ainsi que de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, en présence des organisations patronales.
Initialement signée en 1987 et révisée pour la dernière fois en 2000, la CNEE fait ainsi l’objet d’une nouvelle actualisation, 26 ans après. Elle est également cosignée par les principales organisations patronales du pays, notamment le Conseil national du patronat (CNP), la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) et le Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS).
Inscrite dans le cadre de l’Agenda de transformation Sénégal 2050, cette convention ambitionne de renforcer l’insertion des jeunes sur le marché du travail, à travers des dispositifs de stages et d’apprentissage. Portée par le programme « And Yombal Xëy », elle vise à renforcer le rôle du secteur privé dans l’accueil, la qualification et l’insertion durable des jeunes, tout en contribuant à la compétitivité des entreprises et à la transformation économique du pays. Mieux, la convention rénovée repose sur la collaboration, l’innovation, la transparence, l’orientation versles résultats et l’inclusion.
Selon le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, « cette deuxième génération d’accords traduit la volonté conjointe de l’État et du patronat de consolider leur engagement en faveur de l’emploi, dans un contexte marqué par de profondes mutations économiques et une forte pression démographique". Il ajoute : "La création d’emplois demeure un défi majeur pour le Sénégal, nécessitant une accélération des réformes structurelles, un soutien accru à l’investissement productif et un renforcement de la compétitivité des entreprises.Il a également insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la qualité des emplois créés, en mettant en avant la promotion du travail décent, notamment à travers le Programme pays pour la promotion du travail décent (PPTD 2025-2029)."
Abondant dans le même sens, le ministre de l'Emploi Moustapha N. Sarré déclare : « l’acte posé aujourd’hui dépasse largement le cadre d’un engagement administratif ou d’un accord institutionnel. Il s’agit d’un moment fondateur qui consacre une nouvelle étape dans la construction d’un pacte national pour l’emploi, reposant sur une alliance stratégique entre l’État, le secteur privé et les partenaires sociaux".
Le ministre s’est également félicité de la présence de plusieurs membres du gouvernement : « La participation des ministres, M. Cheikh Diba, en charge des Finances et du Budget, et M. Olivier Boucal, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, confère à cette rencontre un cachet officiel particulièrement significatif ».