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À l’occasion de la Semaine de la santé sexuelle, du 1er au 7 juin, les acteurs de santé tirent la sonnette d’alarme : les jeunes adultes restent insuffisamment sensibilisés aux infections sexuellement transmissibles (IST), notamment aux papillomavirus humains (HPV), pourtant très répandus et potentiellement graves.
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La Semaine de la santé sexuelle constitue un moment clé pour remettre la prévention des IST au cœur du débat public. Un constat s’impose toutefois : les jeunes adultes, en particulier les 15-26 ans, demeurent insuffisamment informés et sensibilisés, alors même qu’ils se trouvent au centre de la circulation de ces infections. Parmi les IST les plus fréquentes figurent les papillomavirus humains (HPV), qui concernent plus de 8 personnes sur 10 au cours de leur vie. Souvent asymptomatiques, ces infections sont largement sous-estimées, bien qu’elles soient responsables de nombreux cancers, notamment du col de l’utérus, mais aussi de l’anus, du pénis ou encore de la sphère ORL.

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En France, les HPV sont à l’origine de plus de 7 000 cancers chaque année, dont près d’un tiers touche des hommes, un aspect encore peu connu du grand public. Au-delà du HPV, d’autres infections comme la chlamydia, la gonorrhée ou la syphilis connaissent une recrudescence ces dernières années. Pourtant, la perception du risque chez les jeunes reste faible, alimentée par un déficit d’information et la persistance d’idées reçues. Beaucoup ne se sentent pas concernés, alors que toute personne ayant une vie sexuelle active est potentiellement exposée. Selon Cédric Daniel, chargé de mission à l’association Action Traitement, « les jeunes de 15 à 26 ans restent un angle mort de la prévention ». Il souligne également le recul de la visibilité des grandes campagnes nationales, autrefois largement diffusées dans les médias traditionnels.

À cela s’ajoute une application encore insuffisante de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), pourtant prévue par la loi depuis 2001. Face à cette situation, deux leviers principaux sont mis en avant : la vaccination et le dépistage. La vaccination contre le HPV est recommandée dès l’âge de 11 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans. Le dépistage du cancer du col de l’utérus, quant à lui, est conseillé à partir de 25 ans, permettant de détecter précocement d’éventuelles lésions. Cependant, plusieurs freins persistent : méconnaissance des modes de transmission, sentiment de sécurité dans les relations stables ou encore idée erronée d’une protection totale assurée par le préservatif contre le HPV.

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De plus, la vaccination des garçons, recommandée seulement depuis 2021, reste encore insuffisamment intégrée dans les pratiques. Pour mieux atteindre les jeunes adultes, certaines associations misent désormais sur des stratégies adaptées, notamment via les réseaux sociaux, les contenus vidéo et les interventions en milieu scolaire. Des initiatives comme le collectif Demain sans HPV cherchent ainsi à diffuser une information plus accessible et mieux ciblée. Améliorer la prévention des IST chez les jeunes passe donc par une communication renforcée, continue et adaptée à leurs usages, mais aussi par une meilleure intégration de l’éducation à la sexualité. Un enjeu de santé publique majeur, à l’heure où les infections progressent et où les outils de prévention existent mais restent encore trop peu mobilisés.

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