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Les aveux d'un coxeur arrêté pour pédophilie : "à défaut d'avoir la mère, je me contentais de la fille"

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A la barre de la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye, Cheikh Badiane, 43 ans, coxeur, répondait du crime de pédophilie sur deux gamines de 8 et 9 ans.
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Une sordide affaire de pédophilie a été jugée hier, mardi 21 juillet par la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye. Cheikh Badiane, 43 ans est poursuivi d'actes de pédophilie sur des mineures de moins de 13 ans, commis en début d'année 2023. Originaire du Baol, le quadragénaire n'était pas un inconnu pour les mères des victimes. L'une d'elles partageait d’ailleurs avec lui ses racines villageoises. Cette proximité culturelle et sociale, rassurante en apparence, avait incité ces braves commerçantes, occupées à vendre des fruits, vêtements et café au bord de la chaussée, à lui confier la surveillance de leurs étals et de leurs enfants lors de leurs rares moments d’absence. Une confiance aveugle et fraternelle que le coxeur a méthodiquement piétinée.

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Les confessions des victimes

Devant la barre, les témoignages des deux victimes — respectivement âgées de 8 et 9 ans au moment des faits — ont glacé l'assistance. Pour assouvir ses pulsions sans attirer l'attention des passants, l’accusé déployait un rare cynisme : il empilait soigneusement des caisses de fruits en bois à hauteur de tête au milieu de l'étalage. À l'abri de ce rempart de fortune, Cheikh Badiane imposait aux fillettes F. Ndong, 9 ans et W. T. Ndiaye, 8 ans, des attouchements digitaux et des sévices intimes répétés. Pour étouffer toute tentative de cris, l'homme usait d'une terreur implacable.

« Il me menaçait de mort si j'osais le dénoncer», a confié d'une voix tremblante F. Ndong, 9 ans, incapable de recenser le nombre exact d'agressions subies. Lorsque le cadre de l'étal devenait trop risqué ou que la nuit tombait, le prédateur déplaçait son théâtre d'opérations. Il attirait les enfants vers les locaux déserts de l'école primaire «École 6», située à quelques mètres de là, notamment lors des soirées de lutte. Pour s'assurer de leur docilité et maintenir la chape de silence, il leur distribuait régulièrement de petites pièces de monnaie.

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La dénonciation d'un vendeur de lunettes

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Le calvaire des fillettes a finalement éclaté au grand jour grâce à l'intervention vigilante de D. Mbengue, un vendeur de lunettes installé sur le même tronçon. Témoin oculaire d'une scène explicite au cours de laquelle le coxeur forçait la petite F. Ndong à lui caresser le sexe jusqu'à éjaculation, le commerçant a immédiatement prévenu sa mère F. Sock. Corroborée par les confessions en larmes des enfants, la découverte a poussé les mères, d'ordinaire réticentes aux procédures judiciaires, à saisir la justice,

Les aveux du coxeur

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Face aux juges, Cheikh Badiane a opté pour un déni catégorique, prétendant avoir signé les procès-verbaux d'enquête sans en comprendre le contenu. Il a tenté de justifier sa présence auprès des enfants par un simple geste d'affection lors d'un combat de lutte retransmis en soirée, avant de crier à la cabale orchestrée pour une dette non remboursée de 25 000 F CFA.
​Un système de défense balayé avec fermeté par le Ministère public dans un réquisitoire au vitriol. Pour le Procureur de la République, les faits sont constants, précis et irréfutablement établis par les déclarations concordantes des victimes et le témoignage clé de D. Mbengue.

Il risque 10 ans de prison

Qualifiant le prétexte de la dette d'«argument fragile et dérisoire», le maître des poursuites a dénoncé le comportement d'un adulte qui a brisé l'innocence de deux enfants. Il a ainsi requis une peine exemplaire de 10 ans de réclusion criminelle contre le coxeur. Délibéré le 4 août.S

Source : L'OBS

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