Conseil constitutionnel : pourquoi le choix de Ousmane Diagne
L’ancien garde des Sceaux, Ousmane Diagne, a été nommé, hier lundi 13 juillet 2026, président du Conseil constitutionnel. Un choix qui, loin d’être le fruit d’une simple évidence, informe des sources du Palais de la République, est intervenu au terme d’un processus de sélection particulièrement rigoureux. Si son nom s’est finalement imposé, il n’était pourtant pas le seul à figurer sur la short-list soumise à l’appréciation du chef de l’Etat.
Selon des informations exclusives de L’Observateur, plusieurs hauts magistrats étaient en lice pour succéder à feu Mamadou Badio Camara. Parmi eux figuraient notamment deux anciens présidents de la Cour suprême, un procureur général ainsi qu’un membre en exercice du Conseil constitutionnel. Au terme des consultations et des arbitrages, le Président Bassirou Diomaye Faye a porté son choix sur Ousmane Diagne, dont le profil répondait pleinement aux exigences fixées par la loi organique régissant la haute juridiction.
Le texte prévoit en effet que le président du Conseil constitutionnel soit choisi parmi les magistrats ayant exercé des fonctions comme premier président ou procureur général de la Cour suprême, ou président de chambre, entre autres, les professeurs titulaires de droit, les inspecteurs généraux d'État, les avocats. Ces personnalités (en activité ou à la retraite) doivent justifier d'au moins vingt ans d'ancienneté dans la fonction publique ou d'exercice de leur profession. Ousmane Diagne réunissait ces différents critères.
Au cours de sa carrière, il a notamment occupé les fonctions de procureur général près la Cour d’appel de Dakar et de premier avocat général à la Cour suprême, un parcours qui a pesé dans la décision finale.C’est donc après cette phase d’évaluation qu’il a été reçu et consulté par le chef de l’Etat avant que sa nomination ne soit officiellement entérinée. Dans un communiqué publié hier, la Présidence de la République a annoncé sa désignation à la tête du Conseil constitutionnel, où il succède à feu Mamadou Badio Camara pour un mandat unique de six ans, non renouvelable.
Premier ministre de la Justice du régime Pastef, Ousmane Diagne avait quitté le gouvernement le 6 septembre 2025, après dix-sept mois passés à la tête du département. Son passage au ministère a été marqué par plusieurs réformes majeures, notamment la création du Pool judiciaire financier (PJF), devenu l’un des principaux instruments de la politique de reddition des comptes, ainsi que par le lancement de plusieurs enquêtes d’envergure sur la gestion des deniers publics.