Décès du plus jeune roi du monde : Rififi autour de son héritier
Treizième souverain coutumier d'une monarchie bantoue vieille de deux siècles – l'une des cinq reconnues symboliquement en Ouganda – il ne détenait aucun pouvoir politique, mais exerçait une influence culturelle considérable. Avec sa disparition se pose à présent une question essentielle : qui pour s'asseoir sur le trône ? Un mystère qui aurait déclenché une rupture entre les dirigeants de Tooro. "Sa Majesté laisse un prince comme héritier, dont l'identité sera officiellement révélée au moment opportun, conformément aux traditions et coutumes du royaume de Tooro", assure le Premier ministre du royaume, selon People.
Les clans ne (re)connaissent pas cet héritier
Le président de l'Ouganda, Yoweri Museveni, a également déclaré, le 29 août, avoir reçu la nouvelle d'un héritier de la part de la Reine Mère, Best Kemigisa, sur son compte X. Mais voilà que le bât blesse : les membres les plus influents du clan royal Babiito n'ont jamais eu connaissance de son existence. "Le roi n'avait pas d'enfant. Je ne sais pas si c'est parce qu'on ne nous l'a jamais dit. J'ai entendu le Premier ministre, en annonçant la mort d'Oyo, dire qu'il avait laissé un héritier", a ainsi déclaré le chef du clan, Charles Kayondo Kamurasi. Lui occupe la place de l'Omusuuga, autrement dit "le prince en chef". En cas de vacance du trône, il représente la plus haute autorité chargée de superviser les rites funéraires, de régler les questions de succession et d'officialiser l'installation du nouveau roi.
"De plus, il n'a ni droit ni pouvoir de faire une telle annonce car il n'est pas membre de la famille royale. Je ne sais pas d'où il [le Premier ministre, ndlr] a eu cette information", a-t-il asséné. Pour évaluer la crédibilité des revendications et superviser le processus traditionnel de nomination du prochain monarque, il a réuni un comité de 21 membres composé d'anciens. "Le nouveau roi sera identifié parmi les princes existants", a soutenu le prince en chef dans les colonnes du journal local The Daily Monitor.
"En tant que membres du clan royal, nous devrons nous asseoir et régler ce problème, car il n'a pas laissé d'enfant. Quoi que le Premier ministre parle, nous, en tant que clan [Babiito], ne le connaissons pas." De quoi laisser présager une prochaine tempête entre le gouvernement officiel d'Ouganda et celui du royaume traditionnel...