Déclaration de patrimoine : la position tranchée de Mimi Touré
Le débat sur la transparence financière des dirigeants sénégalais a franchi un nouveau seuil. Portée par la révision envisagée de l'article 37 de la Constitution, la question de la déclaration de patrimoine des plus hautes autorités de l'État s'est invitée dans l'hémicycle. Haut-Représentante du chef de l'État et superviseure générale de Kiiraay–Les Patriotes républicains, Aminata Touré a pris la parole sur Rts Digital pour clarifier la position présidentielle.
"Une promesse de campagne déjà tenue"
L'ancienne cheffe du gouvernement rappelle que la déclaration de patrimoine figurait parmi les engagements pris par Bassirou Diomaye Faye durant sa campagne. Le candidat aurait alors promis non seulement de déclarer son patrimoine, mais également de le rendre public une fois élu.
Une promesse honorée, selon elle, dès l'entrée en fonction du président : sa déclaration aurait été publiée par le Conseil constitutionnel, l'institution chargée de recevoir ce type de document au Sénégal.
Trois fonctions, une même logique
Le cœur de son intervention porte sur l'extension de cette obligation. Pour Aminata Touré, la déclaration de patrimoine devrait concerner les principales autorités en charge de la gestion des ressources publiques, à savoir le président de la République, le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale.
Elle justifie cette position par un principe de cohérence : ces trois fonctions partagent, selon elle, une responsabilité directe dans la gestion ou la supervision des fonds publics. « Pourquoi on déclare ? C'est parce qu'on a en charge des fonds publics. », a-t-elle déclaré.
Une révision qui n'écarterait pas le président de ses obligations
Sur le fond de la modification constitutionnelle en discussion, Aminata Touré tient à couper court à une interprétation qu'elle juge erronée. Selon elle, la révision envisagée de l'article 37 ne viserait pas à dispenser le chef de l'État de son obligation de transparence, mais au contraire à l'élargir aux deux autres fonctions citées.
L'objectif affiché serait de renforcer l'égalité entre les trois responsables au regard de cette exigence de transparence, plutôt que de créer une exception en faveur du président.
Un débat qui dépasse la seule question du patrimoine
Les prises de position de l'ancienne Première ministre interviennent dans un climat politique marqué par d'autres controverses, notamment autour des fonds politiques et de leur encadrement. Certains Sénégalais rappellent que le programme électoral de Bassirou Diomaye Faye évoquait aussi la suppression des fonds politiques classiques, au profit de fonds spéciaux soumis à un contrôle associant majorité, opposition et magistrats de la Cour des comptes.
À ce stade, ni le texte définitif de la révision de l'article 37 ni son calendrier d'adoption n'ont été précisés par une source officielle.