Dégradation de la note du Sénégal : Thierno Alassane Sall renvoie dos à dos Diomaye et Sonko
Le couperet est tombé vendredi : Moody's a de nouveau abaissé la note du Sénégal, cette fois de Caa1 à Caa2, avec une perspective négative qui n'augure rien de bon pour les mois à venir. Un signal que le parlementaire Thierno Alassane Sall n'a pas laissé passer.
Sa réaction ne cherche pas à ménager les susceptibilités. « Sans surprise, la note du Sénégal vient à nouveau d'être dégradée par Moody's », lâche-t-il d'emblée, avant de pointer un coupable tout trouvé : la rivalité qui oppose le camp présidentiel à celui du président de l'Assemblée nationale. Il parle ouvertement d'une « guerre fratricide » entre « les mal nommés Kiiraay et Pastef ».
Le ton monte encore lorsque le député évalue le prix de cette bataille de pouvoir. À l'en croire, chaque point de dégradation se traduit, dans le quotidien des Sénégalais, par un peu plus de précarité, un peu plus de fatigue, un peu plus de résignation face à une misère qui s'installe.
Ni Pastef ni Kiiraay ne trouvent grâce à ses yeux quand il s'agit d'évoquer les réponses apportées à la crise. Il résume la situation d'une formule tranchante : la vente de cartes d'un côté, la transhumance de l'autre, comme seuls horizons politiques face à un pays qui s'enfonce.
Reste la question du verdict. Thierno Alassane Sall la renvoie directement aux urnes. Il exhorte les citoyens à ne rien oublier, ni les silences ni les querelles, le jour où ils devront juger le bilan de l'exécutif et du Parlement. Sa conclusion tient en quatre mots, sans détour ni fioriture : « Et les dégager tous. »
Cette sortie s'inscrit dans une séquence déjà tendue pour les finances publiques sénégalaises : une première dégradation de la note, quelques jours plus tôt, avait déjà alimenté la controverse entre partisans et opposants du pouvoir en place.