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Deux-mille dix-huit, Amsterdam, championnat du monde consacré au jeu Tekken, surprise. Le joueur Sud-coréen Rangchu choque les gameurs en remportant le Tekken World Tour. Lui, fut une surprise : il a remporté le trophée devant des joueurs beaucoup plus expérimentés que lui. Mais la vraie surprise fut le personnage qu’il a utilisé pour battre ceux-là qui, en plus de leur expérience, semblaient avoir l’avantage de jouer avec des personnages plus forts que le sien. Il jouait avec le Panda. Un personnage pas terrifiant, à la limite enfantin, pas athlétique, pas esthétique…qui n’avait alors aucune chance. Apparemment !

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Mais, en regardant de plus près, on se rend compte que la « faiblesse » du Panda était la force de Rangchu. Du moment que personne n’a jamais osé se présenter au Tekken World Tour avec ce combattant d’office qualifié faible, personne ne pouvait non plus savoir ce qu’il valait réellement. Celui qui l’aura alors fréquenté, étudié et exploité ses potentiels, seul, pouvait savoir ce qu’il valait. Et, en ce sens, seul lui pouvait se permettre le luxe de l’imprévisibilité face aux autres joueurs et personnages dont les combos, forces et faiblesses sont plus ou moins connus de tous.

Dans le champ politique sénégalais, c’est ce que semble être Diomaye. Dans le grand Tekken du jeu politique, il fut souvent assimilé à ce Panda dont l’existence n’était pas possible sans le « kiirlaay » du Pastef. Mais, en réalité, Ousmane Sonko était un « kiiraay » à l’ombre duquel un monstre politique couvait, sachant qu’il était déjà connu comme un monstre de la pensée et de la conceptualisation, chose, d’ailleurs, que beaucoup lui reconnaissent. Faut-il rappeler que récemment, Sonko a dit de Diomaye qu’il était « fébrile » comme président ? Comme le Panda de Rangchu aux yeux des grands joueurs de Tekken, disons. Disons aussi que cette fébrilité était peut-être un autre « kiiraay » que le personnage politique Diomaye mettait entre les autres acteurs politiques et lui-même. Si tant est que fébrilité il y ait jamais eu !

Sonko était Jin Kazama ou encore Akuma, des personnages à la force reconnue et redoutée. Sonko était ceux-là, avec ceci comme faiblesse : une longue présence scénique a fini par rendre prévisible les combos qu’il pourrait intenter. La présence suppose la lisibilité du personnage. L’effacement complique la lecture de l’âme politique du Panda. Et, 2026 révéla la force qui se cachait derrière une faiblesse qu’on chahutait. Une faiblesse feinte, peut-être, pour laisser les événements lever le voile sur la vraie force du Panda. Et nul ne sait encore ce que Rangchu et son personnage ont comme techniques de combats non encore exposés devant le public du Tekken politique sénégalais.

Par Moussa Seck

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