Un cerveau programmé pour traquer le danger
Si nous sommes instinctivement attirés par les mauvaises nouvelles, ce n’est pas un hasard. Le cerveau humain est conçu pour détecter les menaces. Ce mécanisme, autrefois vital pour la survie, s’active aujourd’hui face aux titres alarmants et aux images de catastrophes. L’amygdale, centre de la peur, déclenche alors une cascade hormonale impliquant le cortisol et l’adrénaline. Le problème survient lorsque cette alerte reste activée en continu. Exposé sans relâche à des contenus anxiogènes, le cerveau peine à revenir à un état de repos, favorisant fatigue mentale, irritabilité et anxiété persistante.
Quand l’information devient une source de détresse
Des études relayées par National Geographic, notamment celles menées par les psychologues Roxane Cohen Silver et E. Alison Holman (Université de Californie à Irvine), ont mis en évidence un lien préoccupant entre exposition médiatique intensive et symptômes de stress post-traumatique. Après des événements violents largement médiatisés, les personnes consommant plusieurs heures d’actualités par jour présentaient davantage de troubles psychologiques cauchemars, hypervigilance, détresse émotionnelle parfois plus marqués que chez certains témoins directs. Le flux continu d’images et de récits anxiogènes alimente ainsi un cercle difficile à rompre.
Le quotidien d’un esprit saturé
Dans la vie courante, le doomscrolling s’installe souvent dès le réveil. Notifications, vidéos virales, fils d’actualité non filtrés : l’esprit est happé avant même d’avoir émergé. À moyen terme, cette surcharge informationnelle peut altérer le sommeil, réduire la motivation sociale et accentuer un sentiment diffus de pessimisme. Le cerveau, constamment sollicité, n’a plus l’espace nécessaire pour récupérer.
Un stress permanent qui s’auto-entretient
Le danger du doomscrolling réside dans sa mécanique circulaire : plus on consomme d’actualités anxiogènes, plus le stress augmente ; plus le stress augmente, plus le cerveau cherche de nouvelles informations, pensant se protéger. Cette boucle maintient l’organisme en état d’alerte prolongé, au détriment du bien-être psychologique.
Des gestes simples pour limiter les effets
Sans renoncer à l’information, il est possible d’adopter des réflexes protecteurs : limiter volontairement les plages de consultation, désactiver les notifications superflues, éviter les contenus visuels explicites et être attentif aux signaux corporels de tension. Les spécialistes rappellent toutefois que la recherche doit encore progresser, notamment sur le rôle des algorithmes et l’efficacité des outils de régulation numérique intégrés aux plateformes.