Enterrements sous X : 1.690 corps anonymes inhumés à Yoff depuis...
Ils sont les « inconnus de la morgue » ; des corps « inconnus » provenant d'accidentés de la route, du travail ou encore des sans domicile fixe, des « âmes » errantes de leur vivant ou des bébés jetés par leurs mamans. Les morgues en reçoivent souvent, les nécropoles aussi. Depuis le lancement de nos activités en 2012, l'Association pour la Perfection et la Miséricorde a procédé à l'inhumation de 1 690 personnes non identifiées à travers le pays.
Ces chiffres ont été communiqués par Lamine Madiang, Secrétaire général de l’Association pour la Perfection et la Miséricorde. Avant-hier dimanche, plus d'une trentaine de corps non identifiés ont été enterrés au cimetière de Yoff. "Nous avons d'abord transféré dix corps d'enfants, dont certains en état de décomposition avancée, de Roi Baudouin vers Dalal Jamm, dont les installations sont plus vastes, pour y accomplir la toilette mortuaire. Avec les 9 enfants et 13 adultes (dont une femme) déjà présents à Dalal Jamm, ce sont au total 32 défunts qui ont reçu la prière mortuaire avant d'être inhumés aux cimetières de Yoff", a révélé Madiang.
Il ajoute, dans des propos repris par L'OBS : "Autrefois, le gros des signalements provenait de l'hôpital Le Dantec. Depuis sa fermeture, Dalal Jamm est devenu le principal centre, aux côtés de l'hôpital Principal, d'Abass Ndao, de Roi Baudouin, de Fann, de Rufisque ou de Philippe Maguilen Senghor. Dans les régions, nous travaillons avec les grands CHR, notamment à Thiès, Saint-Louis, Diourbel, Mbour ou Tivaouane."
Il poursuit : "Le transport constitue notre contrainte majeure. Nous disposons de trois corbillards, dont deux offerts par l'ancienne Première dame, Marième Faye Sall, à travers sa fondation «Servir le Sénégal» et un par une bonne volonté. Elle nous avait aussi fait don d’un pick-up pour les trajets interrégionaux. Faute de moyens conséquents, nous avons réaménagé ces corbillards standards, conçus à l'origine pour transporter un ou deux corps, pour qu’ils puissent en contenir jusqu’à cinq. Lors de grands convois, nous devons solliciter les mairies ou utiliser notre propre véhicule de service. À cela s'ajoute le déplacement des bénévoles : ne bénéficiant plus du concours des bus Dakar Dem Dikk, nous devons louer des «Ndiaga Ndiaye» sur nos ressources propres."