Présidente de la Ligue sénégalaise contre le cancer, Fatma Guenoune fait le point après un mois de sensibilisation dénommé ‘’Octobre rose’’. Elle révèle que 9 640 femmes ont été dépistées et plus de 1 800 anomalies recensées, dont 900 au niveau du sein et 866 du col de l’utérus, ainsi que plus de 440 lésions suspectes ayant fait l’objet de biopsies.
"L'an dernier, nous avions vu 15 000 femmes. Cette année, elles sont moins nombreuses. Cependant, le nombre d'anomalies reste le même. Ce qui nous interpelle surtout, c’est que beaucoup de femmes arrivent avec des anomalies déjà présentes", souligne Mme Guenoune. Elle ajoute : "Pour certaines, il ne s’agit donc plus simplement d’un dépistage. C’est plutôt d’une démarche diagnostique. Elles ont parfois attendu longtemps avant de consulter. Nous allons les accompagner, car une biopsie, avec l'envoi des prélèvements en anatomie pathologique, est la première étape vers le diagnostic."
Dépister sans accompagner, c'est donner de faux espoirs
Selon Mme Guenoune, la Lisca refuse de dépister, puis d'abandonner la femme avec son problème. "Beaucoup d'associations s'en tiennent au dépistage, sans financer ni biopsie, ni mammographie, ni bilan diagnostique. Or, les femmes errent alors d'une structure à une autre. Les organisateurs devraient savoir qu'au moins 8% des femmes dépistées présenteront une anomalie, et le prévoir dans leur budget", déplore-t-elle.
"Nous assurons aussi le suivi, qui dure six ans avant de pouvoir parler de rémission complète. Faute de fonds, il nous arrive de suspendre l'admission de nouveaux malades. À chaque bilan d'Octobre rose, nous prenons en charge 10% d'anomalies. La campagne décentralisée se poursuit jusqu'en décembre", signale-t-elle.
Tout n'a pas encore fait : "Pour le moment, il nous reste Kédougou, Matam, Ourossogui et Dahra. Dans le nord, nous seront dans quelques zones à une période où il y aura moins d'inondations et où les températures seront plus clémentes. Notre équipe de 45 personnes (médecins, oncologues, médecins en spécialisation, infirmiers, professeurs d'université, etc.) voyage beaucoup et elle est un peu épuisée pour le moment. Nous avons fait Mékhé hier (samedi) et aujourd'hui (dimanche) : plus de 600 femmes dépistées".
Elle poursuit : "À Nguéniène, plus de 840. Avant-hier, à Sangalkam, plus de 700 femmes ont été vues. Nous avons eu moins de malades à Mékhé, parce que nous y sommes souvent allés : c'est un natif de la ville qui finance et qui appelle la Ligue pour dépister les femmes. Nous avons fait les 14 régions. Il reste, cependant, des villes où nous ne sommes pas encore allés. Sur les 79 districts sanitaires, nous avons couvert 55. Nous comptons nous rendre dans les autres districts d'ici l'année prochaine."