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I. Sonko écarté pour avoir trop fêté le sacre des Lions : "Si c'était à refaire, je réagirai..."

Membre du staff du club de l’OH Louvain, en D1 belge, Ibrahima Sonko a a été sanctionné par son club qui lui reproche d'avoir trop célébré, après une défaite de son équipe, la victoire du Sénégal à la Coupe d'Afrique des nations. Dans un entretien avec L'OBS, il crache ses vérités, soutenant qu'il ne regrette pas son geste.
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Le but refusé de Ismaila Sarr qui l'a énervé

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"Le match (la finale de la CAN), c'était dimanche. Et nous aussi, on avait match à Saint-Trond. Donc, comme d'habitude, je suis en déplacement avec l'équipe première. Tout se passe bien. On sort du match avec une défaite, mais la prestation n’était pas mauvaise. Mais parce que nos concurrents directs à côté ont gagné, ça crée un peu une tension dans l'équipe. Et on rentre tous dans le bus avec les joueurs, le staff. Et moi, je m'installe à côté d'un joueur qui s'appelle Sory Kaba, international guinéen. Et on regarde le match ensemble. Et j'arrive au moment où Abdoulaye Seck met le coup de tête du but de Ismaïla Sarr qui a été refusé. Donc, ça crée un peu de polémique. Les gens étaient autour de nous. Tout  le monde disait, c'est quoi ça ? Et moi, j'étais un peu énervé par rapport à ça. Ce qui est normal. Déçu que l'arbitre ne laisse la VAR décider. Donc ça, c'est la première action qui a créé un petit boucan à l'arrière du bus."

Le panenka raté et la joie de Sonko

"La deuxième action, c'est le pénalty et tout ce qui se passe autour. Il y a eu des discussions. ‘’Oui, il ne doit pas faire ceci. Pourquoi il le fait ? Il ne doit pas sortir les joueurs. Il ne doit pas faire ceci’’ Et moi, j’ai dit, il faut essayer de comprendre aussi qu'il y a un ras-le-bol. Je défendais spontanément le cas de Pape que, moi, je comprends. Je ne dis pas que je suis d'accord. De là, ça a fait un peu plus de bruit. Après, j'ai calmé tout le monde. Par la suite, le pénalty est tiré et loupé. Automatiquement, il y a réaction de ma part, avec un gros sourire. Même si ce n'était pas très fort, à bord du bus, on voit que j'étais content. Quatre minutes plus tard, le Sénégal marque. Alors  je dis «Yes». On a fini par gagner le match. Ce qui fait que moi, je sors du bus avec un gros sourire."

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"Si c’était à refaire et que le Sénégal jouait, je ferais pareil"

"Le surlendemain (mardi) à l'entraînement, le coach a parlé. Il m'a dit qu'il n'était pas content parce qu'on venait de perdre un match et que tout le monde était autour de moi, en train de regarder notre match, de rigoler, de papoter, comme si on avait oublié qu'on venait juste de perdre un match. L’ayant compris, en tant que professionnel, j’ai concédé que c'est une mauvaise image, mais aussi que c'était mon pays qui jouait. Le coach, un ancien coéquipier, me dit : «Oui, je comprends ça, mais quand même, les bruits, les rires et tout ça, ça ne me plaît pas. Ce n’est pas professionnel. Surtout que ça vient d'un coach, ça m'a dérangé. Je tenais à te le dire.» Je me suis excusé auprès du staff, de tout le monde. Et le surlendemain (mercredi), le directeur m'annonce qu'il décide de me retirer du groupe, c’est-à-dire de l'effectif de l'équipe première. Ce que j'ai accepté, sans commentaire. Ce qui est fait est fait. Je ne vais pas revenir en arrière. Et si c'était à refaire et que le Sénégal jouait, je ferais pareil. Donc, j'accepte la sanction. Pour moi, on avait besoin de cette finale. On l'a gagnée. C'est tout ce qui compte."

"Je ne regrette rien"

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"Comment je peux regretter d'être content quand mon pays a gagné la coupe ? C'est impossible. C'est insensé. Personne ne devrait jamais penser à regretter ça. Maintenant, je dois avouer que le timing était mauvais. Autant, je suis triste pour le résultat qu’on a eu. Autant, je suis content que mon pays ait gagné la coupe. Je ne pense pas avoir exagéré, comme les journaux l'ont dit. Les journaux ont dit que j'étais dans le bus à regarder le match, que je n'étais pas sur le banc avec l'équipe lors du match. C'est des bêtises. J'ai pris le match juste au moment du coup de tête de Seck sur le but refusé de Sarr. Donc, ça veut dire que j'ai loupé 85 minutes du match. Mais bon, ce qui est vrai, c'est que oui, je ne fais plus partie du staff. Je ne leur en veux pas. Je peux comprendre. Je ne suis pas fâché."

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