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Il pirate le compte WhatsApp de son frère cancéreux pour soutirer de l'argent à ses contacts

M. Kama, maçon de profession résidant à Tivaouane-Peulh a transformé l’agonie de son frère aîné souffrant de cancer en un véritable fonds de commerce.
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M. Kama, le grand frère, a été opéré d’une tumeur cervicale, il y a deux ans. Affaibli, la voix éteinte par les séquelles de son mal, il ne peut plus répondre au téléphone. En toute confiance, il remet son appareil à son cadet, pour gérer les appels de solidarité. Il ignorait qu’il venait de confier les clés de sa dignité à un prédateur domestique. Dès qu’il récupère le téléphone, relate L'OBS, le frère cadet M. Kama (47 ans) se transforme en «doublure» numérique. Il désactive le compte WhatsApp de son frère pour agir dans l’ombre et commence à éplucher le répertoire.

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cfa
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Des sommes allant de 100 000 à 950 000 FCfa détournés

Profitant de l’extinction de la voix de son frère, il appelle ses collègues et amis, imitant le souffle court du malade pour soutirer des sommes allant de 100 000 à 950 000 FCfa. Mais l’escroquerie prend une dimension supérieure lorsqu’il découvre, dans les échanges de son aîné, l’existence d’une créance importante. Un ami de la victime, résidant en Espagne, lui devait, en effet, la somme de 4 millions de FCfa. Flairant l’occasion d’un braquage numérique sans précédent, le maçon contacte cet ami en se faisant passer pour son frère souffrant. Il tente alors de convaincre le débiteur de lui envoyer l’intégralité de la somme, espérant que la confusion liée à l’urgence médicale précipiterait le virement sur son propre compte.

Comment le frère "véreux" a été piégé

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gendarmerie
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Le pot aux roses est découvert lorsqu’un autre proche en Espagne, s’étonnant du silence du malade, appelle pour savoir s’il a bien reçu un transfert précédent de 200 000 FCfa. Abasourdi, M. Kama comprend l’ampleur de la trahison. Sa femme et ses enfants courent porter plainte à la Brigade de gendarmerie de Keur Massar. Pour confondre le suspect, l’épouse de la victime, instruite par les enquêteurs, tend un appât. Elle fait miroiter à l’escroc l’arrivée imminente d’une tranche de 3 millions de FCfa de la part de cet ami espagnol. Le rendez-vous est fixé à l’agence Ecobank de Keur Massar, à côté de la Brioche Dorée. Appâté par le gain, le cadet s’y présente, pensant toucher le pactole. C’est là que les gendarmes interviennent.

Les aveux du frère

À la barre, le prévenu a d’abord hésité avant de passer aux aveux, acculé par les questions du Procureur. «Est-ce que vous vous êtes rendu à ce rendez-vous pour encaisser les 3 millions ?», interroge le magistrat. Après quelques secondes de silence pesant, le maçon baisse la tête. S’il reconnaît les faits, il tente de minimiser le butin déjà encaissé à 400 000 FCfa, contre les 700 000 FCfa recensés par les parties civiles. Le Procureur a fustigé une cruauté sans nom, consistant à dépouiller un homme sur son lit de souffrance. Suivant les réquisitions du parquet, le Juge a condamné M. Kama à un an de prison ferme, réservant les intérêts des parties civiles pour le remboursement intégral des sommes extorquées.

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