Au regard de sa saison et de son année internationale, Ismaila Sarr l’ailier sénégalais pouvait légitimement espérer figurer parmi les meilleurs joueurs de la planète. Le Sénégalais a pourtant empilé les distinctions. Meilleur buteur et meilleur joueur de la Ligue Europa Conférence, Sarr a été l’un des grands artisans de la campagne européenne de Crystal Palace. Une récompense individuelle qui traduit son influence dans une compétition où il a régulièrement fait la différence. À cela s’ajoute un titre qui pèse lourd dans le parcours d’un international africain : champion d’Afrique avec les Lions.
Avec le Sénégal, Sarr a confirmé son statut de joueur majeur, capable de peser dans les rendez-vous internationaux et de répondre présent lorsque la pression augmente. Mais c’est surtout la Coupe du monde 2026 qui semblait devoir renforcer son dossier. Désigné meilleur joueur africain du tournoi avec quatre réalisations, il a porté haut les couleurs du Sénégal sur la plus grande scène internationale. Ses performances avec les «Lions» ont contribué à installer son nom parmi les références africaines du Mondial.Le Ballon d’Or ne récompense pas uniquement une accumulation de titres et de statistiques.
La visibilité du joueur, son parcours en club, son influence dans les compétitions les plus prestigieuses et la perception qu'ont les votants de son impact entrent également en ligne de compte. Mais même avec ces critères, le cas Sarr laisse une impression d’inachevé. Car son année raconte autre chose qu’une simple saison réussie. Elle raconte celle d’un joueur devenu décisif sur plusieurs fronts, capable de briller en club comme en sélection.
Lire plus : https://www.pulse.sn/article/liverpool-lache-ibrahima-mbaye-pour-ismaila-sarr-2026082614513765300
Trophée individuel en Europe, titre continental avec le Sénégal, performance majeure en Coupe du monde : le dossier avait de quoi exister. Son absence rappelle aussi la difficulté persistante pour les joueurs africains d’intégrer durablement le cercle très fermé des prétendants au Ballon d’Or. Les performances réalisées sur le continent ou avec les sélections africaines semblent encore devoir être accompagnées d’une exposition exceptionnelle en club pour peser véritablement dans les suffrages. Pour Ismaïla Sarr, cette non-sélection constitue donc un paradoxe.
Il a remporté, marqué, été distingué et brillé avec son pays. Il lui manque désormais une chose : la reconnaissance symbolique que représente une place parmi les meilleurs joueurs du monde. Le Ballon d’Or 2026 se fera sans lui. Mais difficile, au regard de son année, de ne pas considérer Ismaïla Sarr comme l’un de ses grands oubliés.