Le dossier disciplinaire détaillé du Maroc
La Confédération africaine de football (CAF) joue ce mardi, au Caire, les prolongations de la finale de la Coupe d’Afrique. Plus d’une semaine après cette finale émaillée par des incidents malheureux, la Commission discipline de la CAF va statuer sur les plaintes des deux parties. Selon les infos de L'OBS, le Maroc a constitué un dossier disciplinaire détaillé visant à faire constater et sanctionner des infractions reprochées à la délégation sénégalaise lors de cette finale particulièrement tendue. Le dossier constitué par la partie marocaine s’appuierait sur plusieurs éléments matériels, avec l’appui des images vidéos des incidents survenus.
Le dossier «béton» du Sénégal contre le Maroc
Ces éléments visent à documenter les faits reprochés, en particulier l’interruption momentanée du match, le retrait temporaire de certains joueurs sénégalais du terrain et les protestations jugées excessives de la part des supporters sénégalais, à la suite de décisions arbitrales contestées. Mais le Sénégal n’est pas resté les bras croisés. Les dirigeants sénégalais ont déposé sur la table de la CAF, un dossier «béton» contre le Maroc sur des cas de violences contre certains supporters sénégalais. Sans occulter l’histoire des serviettes avec Ismaël Saibari qui a présenté ses excuses à Édouard Mendy. C’est d’ailleurs l’une des histoires surréalistes qui ont émaillé la finale de la CAN.
La CAF aura donc, une très longue journée procédurale, puisqu’au-delà des plaintes du Sénégal et du Maroc, elle doit se pencher sur le rapport de l’arbitre Jean-Jacques Ndala Ngambo qui signale les faits sur le terrain et aux alentours, celui du délégué du match et du chargé de la sécurité.
Les possibles sanctions
L’article 82 du règlement de la coupe d’Afrique des nations est sans équivoque : «Si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours.
Il en est de même pour les équipes préalablement disqualifiées par décision de la CAF.» Sauf que le cas de l’incident survenu en finale entre le Sénégal et le Maroc ne rentre pas dans ce cadre. La sortie momentanée du terrain par les «Lions» n’est pas non plus considérée comme un abandon dont le code disciplinaire de la Caf consacre l’article 148 en ces termes : «Lorsqu’une équipe refuse de participer à une rencontre ou de continuer celle à laquelle elle participe, elle sera punie d’une amende d’au moins 20 mille dollars us (Plus de 11 millions FCFA) et perdra en principe le match par forfait.»
Les potentielles poursuites contre le Sénégal, il faut aller les chercher dans le code disciplinaire du mois de mai 2018 en son chapitre II consacré au droit disciplinaire. La première partie des dispositions générales de ce code disciplinaire dans sa section 1 évoque les principes de responsabilités. C’est justement cette disposition qui serait visée contre le Sénégal. L’infraction s’appuie sur le principe de conduite. Selon cette disposition réglementaire en son article 82, «les associations nationales, les clubs, leurs officiels et membres ainsi que les joueurs doivent respecter les principes de loyauté, d’intégrité et d’esprit sportif.»
Mieux, poursuit l’article 83, «les associations nationales, les clubs et les officiels sont tenus s’assurer que le jeu ne soit discrédité en aucune façon par le comportement de leurs joueurs, officiels, membres, supporters ainsi que toute autre personne chargée par une association ou club d’exercer une fonction lors d’un match.» Le refus momentané du Sénégal de continuer la rencontre après le pénalty sifflé pour le Maroc serait perçu par les autorités de la Caf comme une façon de discréditer le jeu. Et des sanctions sont prévues à cet effet.
Ce que risque Pape Thiaw
Les individuels, notamment le sélectionneur national Pape Thiaw qui a publiquement demandé à l’équipe de rejoindre les vestiaires, risquent : «avertissement, expulsion, suspension de matches, exclusion de vestiaire ou banc de touche, exclusion de stade, exclusion de toute activité liée au sport.» Mais aussi des suspensions en matches, jours ou mois (maximum 24 matches ou 2 ans). Les amendes peuvent aller de 1000 à 300 mille dollars Us. Toutes ces sanctions sont laissées à l’appréciation souveraine du jury disciplinaire. Comme le stipule le règlement de la coupe d’Afrique des nations au Chapitre 17, article 42 alinéa 8 : «Le jury disciplinaire de la CAF est habilité à appliquer les mesures disciplinaires pour tous les incidents signalés dans les rapports officiers avant, pendant et après le match, et ce, conformément aux présents règlements et au barème du code disciplinaire de la CAF.»