L'autre peine de Rox : le père de ses enfants est décédé à la période où elle était envoyée en détention
Rokhaya Fall vit en Allemagne, où elle s’est installée après être arrivée en Europe dans des conditions difficiles, selon le récit de son ami Alioune Diagne repris par L'OBS. Là-bas, elle travaille, paie son appartement et élève seule ses deux garçons depuis son divorce. Cet été, elle les emmène au Sénégal pour des vacances et pour assister à l’anniversaire du décès de leur grand-mère. Elle ne se doute pas que le voyage tournera au cauchemar.
Le 31 août 2026, Rox se présente à la Division spéciale de cybersécurité. Elle n’en ressortira pas libre. Début septembre, elle est placée sous mandat de dépôt, en même temps que deux autres TikTokeuses, Jessica et Narou. Ses deux fils se retrouvent brutalement sans leur mère, dans un pays qui n’est pas le leur. Au tout début de la procédure, ils sont même hébergés par Alioune Diagne, avant que la famille de Rox ne les récupère.
Les deux garçons ont été inscrits à l’école pour ne pas perdre l’année scolaire. Mais dans les salles de classe, ils font figure d’étrangers. Ils ne parlent qu’allemand et se débrouillent un peu en anglais. Ni français, ni wolof. En Allemagne, ils sont bien insérés socialement, ils ont leurs repères, leur quotidien. L’un d’eux joue au football et devait même passer un test dans ce cadre. Ce test, comme le reste, est resté en suspens. Il y a plus cruel encore.
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Selon Alioune Diagne, leur père est décédé à la période où leur mère était envoyée en détention. Les garçons n’ont donc plus que leur mère, et c’est elle que le Sénégal retient. «Ils ne voient pas leur mère, ne voient pas leur père. Ils le vivent très difficilement, leur équilibre familial est brisé», déplore-t-il. Ils étaient venus pour des vacances, ils repartiront avec de mauvais souvenirs. «Ils sont traumatisés et marqués au fer rouge.»
Impossible, dans ces conditions, de les renvoyer seuls en Allemagne, comme un compte rendu du verdict l’avait évoqué. «Ils n’ont personne, donc ils sont obligés de rester ici pour attendre que leur mère sorte», résume Alioune Diagne. De temps à autre, on les conduit lui rendre visite.