Le FMI débarque à Dakar pour un nouvel accord de financement ?
Une équipe des services du Fonds monétaire international (Fmi), dirigée par Mme Mercedes Vera Martin, cheffe de mission pour le Sénégal, effectuera une visite à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026. Cette visite à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026, intervient à un moment particulièrement sensible pour les finances publiques sénégalaises. L’équipe, conduite par la représentante Mme Mercedes Vera Martin, entend poursuivre les discussions avec les autorités sénégalaises en vue de progresser vers une convergence de vues sur les politiques et réformes susceptibles d’être soutenues par un accord de financement avec le Fmi.
«Au cours de cette mission, les services du Fonds monétaire international et les autorités sénégalaises poursuivront leurs discussions en vue de progresser vers une convergence de vues sur les politiques et les réformes susceptibles d’être soutenues par un accord de financement avec le Fmi», indique-t-on à travers un communiqué.Le Fmi, note le document, «reste déterminé à soutenir le Sénégal dans ses efforts visant à préserver la stabilité macroéconomique et à promouvoir une croissance durable et inclusive.Les services du Fmi échangeront également avec différents acteurs économiques et sociaux au cours de la mission».
48H avant l’annonce de ce séjour à Dakar, le gouvernement sénégalais a procédé à une hausse des prix du carburant. Avec plus de 245 milliards de FCfa de subventions pour le seul secteur des carburants depuis le début de l’année, et alors que la flambée des cours pétroliers renchérit le coût desdites subventions, le gouvernement se retrouve face à une équation explosive : préserver le pouvoir d’achat des ménages sans alourdir davantage une facture budgétaire que le Fmi juge difficilement soutenable. Derrière les prix à la pompe, se profile donc une question politique majeure : jusqu’où le Sénégal peut-il défendre sa souveraineté économique tout en recherchant un nouvel accord avec Washington ?
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Économiste PhD. Dr Ibrahima Gassama, interrogé par L'OBS, estime que la flambée des cours pétroliers oblige Dakar à arbitrer entre la protection du pouvoir d’achat, la discipline budgétaire et la recherche d’un nouvel accord avec le Fmi. «Le Sénégal peut défendre une marge réelle de souveraineté économique tout en recherchant un accord avec le Fmi, à condition de bien définir ce que recouvrent les accords conclus. Elle ne consiste pas à maintenir, coûte que coûte, des prix administrés devenant incompatibles avec les ressources publiques. Elle consiste plutôt à conserver la maîtrise du rythme des réformes, de leur séquencement et, surtout, de leur contenu social. Un pays très endetté perd davantage de souveraineté lorsqu’il doit emprunter en urgence pour financer des dépenses courantes que lorsqu’il négocie un programme crédible lui permettant de réduire son coût de financement.»