Le Sénégal devant le Jury disciplinaire de la CAF : dans les secrets des auditions
La Fédération Sénégalaise de Football a comparu, hier mardi 27 janvier 2026, devant le Jury disciplinaire de la Confédération Africaine de Football (CAF). La séance a débuté vers 15 heures, en Egypte et s’est tenue par vidéoconférence sous la direction de la Kenyane Jane Njeri Onyango, vice-présidente de la commission de discipline de la Confédération africaine de football.
Trois plaintes ont été déposées sur sa table du jury disciplinaire dont deux contre le Sénégal. En plus de la plainte pour mauvais comportement de l’équipe relative aux incidents survenus dans les tribunes lors de la finale de la CAN avec le retrait momentané du Sénégal pour protester contre la décision arbitrale accordant un penalty au Maroc dans les dernières minutes de la prolongation, le Maroc a saisi le jury disciplinaire de la Caf pour demander le forfait du Sénégal.
Le Maroc réclame le forfait pour le Sénégal
La Fédération marocaine a évoqué l’article 82 du règlement de la Coupe d’Afrique des nations pour faire constater un forfait à la Commission de discipline. L’article dit : «Si, pour n’importe quelle raison, une équipe se retire de la compétition ou ne se présente pas à un match, ou refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin règlementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre, elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours. Il en est de même pour les équipes préalablement disqualifiées par décision de la CAF».
Même si les Lions sont revenus rejouer et terminer victorieusement la finale, le Maroc veut, contre toute attente, s’appuyer sur cette disposition pour sanctionner collectivement le Sénégal. Une requête qui a peu de chance d’aboutir.
Des sanctions individuelles contre Iliman Ndiaye, Ismaila Sarr et Pape Thiaw
Le Maroc a aussi demandé des sanctions individuelles contre deux joueurs sénégalais, Iliman Ndiaye, Ismaila Sarr et le sélectionneur national, Pape Thiaw. Il leur est reproché d’avoir incité le reste de l’équipe du Sénégal à regagner les vestiaires et d’enfreindre les principes de conduite du code disciplinaire de la Caf en ses articles 82 et 83 qui disent que «les associations nationales, les clubs, les officiels et les membres, les joueurs, sont tenus de respecter les principes de loyauté, d’intégrité, de franc jeu et d’éthique.» «Les associations nationales, les clubs et les officiels sont tenus d’assurer que le jeu ne soit discrédité en aucune façon par la conduite de leurs joueurs, officiels, membres, supporters et spectateurs.»
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La contre-offensive du Sénégal
Après le visionnage des vidéos versées par la partie marocaine pour incriminer la partie sénégalaise, les avocats marocains ont fait leur plaidoirie, avant que la parole ne soit donnée aux Sénégalais Iliman Ndiaye, Ismaila Sarr et Pape Thiaw qui sont intervenus par vidéoconférence. Le Sénégal, représenté par le Secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Seydou Sow et l’avocat Me Seydou Diagne, a vigoureusement défendu son dossier avant de formuler des récriminations contre la partie marocaine.
En s’appuyant sur les statuts de la Confédération africaine de football qui rendent responsables les associations de toute négligence grave ou faute intentionnelle imputable aux membres de leurs organes (officiels, joueurs, staff, supporters), la Fédération sénégalaise de football poursuit le Maroc pour les agressions dont ont été victimes ses supporters. Elle a aussi dénoncé, devant le jury disciplinaire, les vols de serviettes et le traitement infligé à Yehvann Diouf, le gardien de but remplaçant, malmené par les ramasseurs de balle.
La Fsf reproche aussi à la partie marocaine les sifflés contre l’hymne national du Sénégal. Toutes ces récriminations ont été étayées par des vidéos accablantes. Sur le «vol» de serviette, deux joueurs marocains, dont Ismael Saibari, ont été entendus par la commission de discipline par vidéo-conférence. Après les différentes auditions, la commission disciplinaire a mis l’affaire en délibéré et notifiera sa décision aux différentes parties dans un délai de 48 heures.