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Jérôme Bandiaky alias «Sniper» comparaissait hier mercredi 8 juillet 2026. Portrait de l'ancien chef des «Marrons du feu», qui a livré sa vérité à la barre.
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L'échec du concours de la Légion étrangère en France

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À la barre hier mercredi, après deux ans à l’ombre, Jérôme Bandiaky se présente sobrement : «Jérôme Bandiaky, né en 1981, assistant de sécurité, domicilié à Dakar-Plateau.» Pourtant, derrière cet Etat-civil ordinaire, se cache «Sniper», une figure énigmatique, presque redoutée, de l'ancien régime. Fils de militaire, Bandiaky grandit dans le culte de l'uniforme. Son père aurait fait la guerre du Liberia. Lui tente, à deux reprises, le concours de la Légion étrangère en France. Échec. Qu'importe : il voue à l'Armée une passion dévorante qui ne le quittera jamais.

Carrure d'athlète, touffe de cheveux façon G.I., il ne passe jamais inaperçu. Ses années à Bango, où il a formé plusieurs jeunes cadres des Forces de sécurité et de défense, lui valent le respect de nombreux militaires. «Il était très courageux et travailleur quand il était dans l'Armée», témoigne un proche. Libéré en 2009, il bascule dans le civil, mais refuse d'abandonner l'uniforme. Il le portera en permanence. C'est à cette époque qu'il croise la route de Macky Sall, alors opposant. Leur collaboration survivra à toutes les épreuves.

En 2012, Macky Sall accède au pouvoir. Bandiaky est affecté à la Primature pour assurer la sécurité d'Aminata Touré, alors Premier ministre. Entre «Mimi» et «Sniper», des affinités se tissent. «Elle avait déjà travaillé avec Jérôme lors des élections. Elle a décidé de le garder auprès d'elle», raconte à L'OBS, un proche du défunt régime sous le couvert de l’anonymat. Quand Aminata Touré quitte la Primature, Bandiaky la suit dans sa traversée du désert. Il lance «Sniper Security», sa propre société de gardiennage, et obtient son agrément en 2022.

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Il n'a jamais travaillé au Palais. Il a toujours collaboré comme sécurité privée

Mais il ne disparaît jamais vraiment du paysage politique. «À chaque fois que le pouvoir avait besoin de gros bras, il s'en chargeait. C'est lui qui présidait les ‘’Marrons du feu’’», témoignait un ancien collaborateur lors de son arrestation en 2024. Ces groupes, redoutés, sont accusés d'avoir semé la terreur lors des manifestations entre mars 2021 et février 2024. Son nom apparaît également dans l'affaire de la disparition des Sous-Officiers Didier Badji et Fulbert Sambou. Pourtant, une source proche de l’ancienne équipe de la Présidence nuance : «Il n'a jamais travaillé au Palais. Il a toujours collaboré comme sécurité privée. Il n'a jamais intégré la police ou la gendarmerie.»

Arrêté en septembre 2024, Jérôme Bandiaky a fait l’objet d’une enquête qui n’a laissé aucun pan de sa vie, tant professionnelle que privée. Perquisition à Mbour, téléphone confisqué, interrogatoire sur son passeport diplomatique et le logement qu'il occupe au centre-ville : les enquêteurs se sont intéressés aux privilèges acquis sous Macky Sall. Et qui expliquent la sévérité des poursuites : détention d’armes sans autorisation, trafic d’armes, manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique, usurpation de fonctions publiques civiles ou militaires, escroquerie portant sur les avantages de l’État.

Les aveux de "Sniper"

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tribunal dakar

À la barre, «Sniper» contre-attaque. «Mon arrestation, c'est moi-même qui ai demandé aux services de l'État d'attendre que je vienne vers eux, étant donné qu'ils me cherchaient», affirme-t-il, comme pour garder la main sur son destin. Sur l'arme factice retrouvée chez lui, il accuse : «C'est Oscar Bampoki, beau-fils du ministre de l'Intérieur d'alors, Jean-Baptiste Tine, qui m'a vendu l'arme factice.» L'allégation suggère des connexions troubles. Quant au passeport diplomatique, il l'assume sans détour : «J'étais assistant de sécurité de Mme Aminata Touré. C'est elle qui a jugé qu'elle allait me donner des avantages. Si elle juge qu'elle peut me donner un passeport diplomatique, je suis preneur.»

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