Microplastiques : pourquoi l’eau en bouteille n’est plus forcément la plus sûre
Les microplastiques se sont installés durablement dans notre environnement. Invisibles à l’œil nu, ces fragments issus de la dégradation des matières plastiques sont désormais détectés dans l’air, les sols, les aliments et jusque dans l’eau que nous consommons quotidiennement. Une contamination diffuse qui interroge, d’autant plus que certaines habitudes de consommation pourraient accentuer l’exposition. Selon une synthèse portant sur plus d’une centaine d’études scientifiques, un adulte ingérerait chaque année entre 39 000 et 52 000 particules de microplastiques. Un chiffre déjà élevé, mais qui grimperait de manière significative chez les personnes consommant exclusivement de l’eau en bouteille : jusqu’à 90 000 particules supplémentaires par an, comparativement à l’eau du robinet.
Nanoplastiques : des particules minuscules, des risques encore flous
Plus inquiétants encore, les nanoplastiques dont la taille est inférieure à un micron suscitent une attention particulière de la communauté scientifique. Leur extrême finesse leur permettrait de franchir plus facilement certaines barrières biologiques, augmentant ainsi leur potentiel d’interaction avec les organes. Bien que les connaissances restent incomplètes, plusieurs travaux évoquent des liens possibles entre une exposition chronique et des troubles respiratoires, cardiovasculaires, immunitaires ou reproductifs. Des études ont également relevé la présence de microplastiques en quantité importante dans le cerveau de patients atteints de troubles neurodégénératifs, alimentant les inquiétudes sur leur capacité à s’accumuler dans l’organisme.
Quand alimentation déséquilibrée et plastiques se conjuguent
Des chercheurs français se sont récemment intéressés au rôle de l’alimentation dans les effets des nanoplastiques. À Toulouse, une équipe a mené une expérimentation sur des souris exposées à de faibles doses de nanoplastiques, tout en variant leur régime alimentaire. Les résultats sont révélateurs : les animaux nourris selon un régime riche en graisses et en sucres ont présenté une prise de poids accrue, indépendamment de la quantité de nourriture consommée. Cette exposition combinée a également entraîné une altération du microbiote intestinal et une baisse de l’activité de certaines enzymes protectrices, suggérant une fragilisation des défenses naturelles de l’organisme. Fait surprenant, les effets semblaient diminuer à doses plus élevées, en raison de l’agglomération des particules, limitant leur pénétration dans les tissus.
Des zones d’ombre, mais déjà des gestes de prévention
Si les chercheurs appellent à la prudence les données humaines restant encore limitées , le constat est clair : même en l’absence d’additifs toxiques, les micro- et nanoplastiques pourraient influencer le métabolisme, perturber l’équilibre intestinal et favoriser certaines pathologies, surtout chez les personnes adoptant une alimentation déséquilibrée. Dans l’attente de résultats plus conclusifs, les scientifiques recommandent de diversifier les sources d’eau, de limiter les produits ultra-transformés et de privilégier, lorsque cela est possible, l’eau du robinet. Des gestes simples, mais qui pourraient contribuer à réduire une exposition devenue presque inévitable.