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La liste définitive du sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw pour le Mondial devrait être dévoilée le 21 mai, à quelques jours du début de la compétition.
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Pape Thiaw dévoilera, ce jeudi 21 mai, la liste des 26 Lions de la Teranga retenus pour la Coupe du Monde 2026. La dernière grande liste de référence reste celle de la CAN 2025 au Maroc. Pape Thiaw avait alors retenu 28 joueurs, avec un groupe construit autour d’un noyau très clair : Édouard Mendy, Kalidou Koulibaly, Moussa Niakhaté, Krépin Diatta, El Hadji Malick Diouf, Idrissa Gana Gueye, Pape Matar Sarr, Pape Gueye, Lamine Camara, Sadio Mané, Ismaïla Sarr, Iliman Ndiaye, Nicolas Jackson ou encore Boulaye Dia.

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Cette liste avait une logique : sécuriser l’expérience, récompenser la continuité et intégrer quelques profils d’avenir comme Ibrahim Mbaye ou Mamadou Sarr. Mais le Mondial impose une autre lecture. La CAN se gagne souvent dans la maîtrise émotionnelle, la connaissance du contexte africain et la densité physique. La Coupe du monde, elle, réclame plus de vitesse, plus de polyvalence, plus de profondeur de banc et une capacité à répondre à des adversaires aux profils très différents.

L'équation à la défense centrale

La grande inquiétude concerne la défense centrale, où un seul joueur parmi les champions d’Afrique a été régulier tout au long de la deuxième partie de saison : Moussa Niakhaté. Depuis plusieurs semaines, c’est le flou autour de Kalidou Koulibaly. Absent de la compétition avec Al-Hilal depuis début avril, l’état physique du capitaine des Lions suscite de réelles interrogations, après une blessure à la cuisse contractée à l’entraînement avec son club. Kalidou Koulibaly n’est pas un joueur comme les autres dans cette équipe. Il est le patron de la défense, le relais du sélectionneur sur le terrain, la voix du vestiaire et l’un des derniers grands symboles de la génération championne d’Afrique 2021 et 2025.

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L’absence de rythme de Kalidou Koulibaly (qui a repris l'entraînement individuel) peut devenir un problème majeur. Un joueur présent mais diminué poserait un dilemme à Pape Thiaw : faut-il l’emmener pour son leadership, quitte à prendre un risque sportif, ou faut-il ouvrir la porte à une solution plus fraîche physiquement ? Dans une Coupe du monde, où la France peut imposer une intensité offensive extrême et où la Norvège dispose d’un jeu direct dangereux, le Sénégal ne peut pas se permettre un axe central fragile. Si le capitaine est apte, il sera évidemment dans la liste. S’il est trop juste, la hiérarchie défensive pourrait être rebattue. Moussa Niakhaté deviendrait alors le leader naturel de la défense. Mais qui, pour accompagner le roc lyonnais ?

Moussa Niakhaté, futur ministre de la défense ?

La situation de Mamadou Sarr n’est guère plus reluisante que celle de son capitaine en sélection. Le défenseur de Chelsea n’a pas su s’imposer dans la défense des Blues, après une première partie de saison aboutie comme capitaine de Strasbourg. Revenu de la CAN avec un nouveau statut et un transfert majeur, il n’a égrené que des miettes avec les pensionnaires de Stamford Bridge depuis février 2026. Même constat également pour Abdoulaye Seck. Le secteur défensif est sans doute celui où la comparaison entre la liste de la CAN et celle des matchs contre le Pérou et la Gambie est la plus intéressante.

En mars, Pape Thiaw a ouvert la porte à Nobel Mendy, appelé pour la première fois. Ce choix n’est pas neutre. Le défenseur du Rayo Vallecano offre un profil de défenseur gaucher, capable d’apporter une solution dans l’axe ou dans une ligne défensive à trois. Il peut aussi être une alternative précieuse, si le staff veut sécuriser le côté gauche ou préparer l’après-Koulibaly. Antoine Mendy, lui, garde une carte à jouer par sa polyvalence et sa capacité à évoluer sur le côté droit.

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Moussa Niakhaté au stade Abdoulaye Wade
Moussa Niakhaté au stade Abdoulaye Wade

Krépin Diatta reste une solution hybride, à la fois piston, latéral et joueur de couloir. Ismaïl Jakobs et El Hadji Malick Diouf semblent bien placés à gauche, surtout si Pape Thiaw veut garder des profils capables d’attaquer l’espace. La surprise pourrait venir de Malang Sarr. Son nom est revenu avec insistance ces derniers mois, notamment dans la perspective d’un renfort défensif avant le Mondial. Sa présence éventuelle dans une pré-liste relancerait la concurrence dans l’axe, surtout si Koulibaly reste incertain.

Un milieu de certitudes

Au milieu, Pape Thiaw semble avoir moins de doutes. Idrissa Gana Gueye, Pape Matar Sarr, Pape Gueye, Lamine Camara, Pathé Ciss et Habib Diarra forment aujourd’hui la base la plus crédible. C’était déjà l’ossature de la liste CAN, et elle a été reconduite dans l’esprit lors du rassemblement de mars. Le vrai débat ne porte pas forcément sur les titulaires, mais sur l’équilibre. Gana Gueye apporte l’expérience et le sens du placement. Habib Diarra donne du volume, de la projection et de l’intensité. Pape Gueye offre de la taille, du pied gauche et une capacité à stabiliser le jeu. Lamine Camara, lui, reste l’un des rares milieux sénégalais capables de casser des lignes par la passe et sur coups de pied arrêtés.

Pape Matar Sarr et sa polyvalence, peut devenir un joueur très utile dans un tournoi où les matchs se jouent aussi sur les transitions. Pathé Ciss garde l’avantage d’être un milieu de devoir, fiable dans l’impact et précieux quand l’équipe doit fermer le jeu. Les perdants potentiels dans ce secteur sont ceux qui gravitent autour du groupe sans avoir réussi à s’imposer durablement. Mamadou Lamine Camara, absent de la liste de mars, selon l’APS, semble partir avec du retard. Rassoul Ndiaye, déjà écarté de la liste finale de la CAN, paraît également loin dans la hiérarchie.

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Attaque : des places qui coûtent très chères

Le Sénégal s'impose face au Rwanda grâce à un pénalty de Sadio Mané dans le temps additionnel
Le Sénégal s'impose face au Rwanda grâce à un pénalty de Sadio Mané dans le temps additionnel

En attaque, le retour attendu le plus évident est celui de Sadio Mané. Blessé lors du rassemblement de mars, il avait manqué les matchs contre le Pérou et la Gambie. Sauf rechute, son retour ne fait aucun doute. Même s’il n’a plus le même statut physique qu’à son sommet, Mané reste un joueur de grands rendez-vous, capable de peser dans le vestiaire et de débloquer un match fermé. Autour de lui, la concurrence est féroce. Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye semblent avoir une longueur d’avance, notamment parce qu’ils peuvent jouer sur les côtés, entre les lignes ou dans un système plus mobile. Nicolas Jackson devrait également être du voyage, grâce à son profil de profondeur et à sa capacité à attaquer les espaces et à combiner avec ses coéquipiers.

Derrière, tout se complique. Boulaye Dia garde un statut important, mais il devra convaincre sur sa forme du moment. Chérif Ndiaye a marqué des points par son profil de vrai point d’appui. Habib Diallo reste une option de surface. Assane Diao, rappelé en mars, apporte vitesse, percussion et jeunesse. Ibrahim Mbaye représente, lui, un pari d’avenir, mais aussi une option de déséquilibre. La liste de mars a aussi ouvert la porte à Mamadou Diakhon, première convocation remarquée. Sa présence dans la liste finale serait une surprise, mais pas une absurdité, si Pape Thiaw veut embarquer un profil de percussion supplémentaire. Bamba Dieng est un autre cas intéressant, avec son retour dans la liste de mars, après une bonne période avec Lorient. Il pourrait ainsi surfer sur sa bonne année 2026.

Les perdants possibles

Par contre, la densité du secteur offensif pourrait faire mal aux vieux briscards qui ont déjà connu plusieurs compétitions internationales avec le Sénégal : Boulaye Dia et Habib Diallo. Cheikh Tidiane Sabaly, présent à la CAN, mais absent en mars, fait partie des joueurs exposés. Dans une liste réduite à 26 joueurs, son profil pourrait souffrir de la concurrence des jeunes au même profil, mais évoluant dans des championnats plus compétitifs que la MLS. Avec le retour de Sadio Mané, il faudra probablement retirer au moins un joueur offensif par rapport aux essais de mars.

koulibaly
koulibaly

En défense, l’état de Koulibaly décidera beaucoup. S’il est apte, la marge se réduit pour Nobel Mendy, Malang Sarr ou Ilay Camara. S’il ne l’est pas, une place s’ouvre, mais le staff devra choisir entre expérience, forme du moment et profil tactique. Nobel Mendy est aujourd’hui la surprise la plus crédible. Mais Malang Sarr est loin d’avoir dit son dernier mot. La prochaine liste dira beaucoup de la philosophie de Pape Thiaw. Va-t-il récompenser les champions d’Afrique ? Va-t-il privilégier la forme du moment ?

Va-t-il prendre des risques avec des jeunes ? Le Sénégal n’a jamais semblé aussi dense, mais cette richesse peut devenir un piège. Pour espérer franchir un cap mondial, les Lions auront besoin d’un groupe équilibré, pas seulement d’une addition de talents. L’expérience de la CAN donne une base. Les matchs contre le Pérou et la Gambie ont ouvert des pistes. La liste de Pape Thiaw ne sera donc pas seulement une annonce administrative. Ce sera le premier acte stratégique du Mondial sénégalais. Et peut-être déjà le premier grand match du sélectionneur.

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