Négociations avec le FMI : Cheikh Diba évoque des avancées malgré des désaccords persistants
Intervenant à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba a apporté des précisions sur les discussions en cours entre l’État du Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Il a indiqué que les négociations ont repris le 19 janvier 2026 avec l’arrivée de la nouvelle cheffe de mission pour le Sénégal, marquant une relance du dialogue entre les deux parties. Selon le ministre, les échanges portent principalement sur deux dossiers majeurs : la question du misreporting liée à la transmission de données financières inexactes – et la négociation d’un nouveau programme de coopération financière.
Des avancées sur la question du misreporting
Concernant le dossier du misreporting, Cheikh Diba a fait état d’avancées significatives. Il a expliqué que plusieurs points essentiels ont fait l’objet d’un consensus entre les autorités sénégalaises et les équipes du FMI. Les deux parties se seraient notamment entendues sur la réalisation d’un audit de la dette publique, la révision des statistiques relatives aux finances publiques ainsi que sur un ensemble de mesures destinées à renforcer la crédibilité du processus de redressement économique engagé par le gouvernement. Le ministre a toutefois précisé que certaines actions restent à finaliser avant l’examen du dossier par les instances décisionnelles du FMI. Selon lui, ces mesures devraient être mises en œuvre prochainement afin de clore cette étape des discussions.
Un nouveau programme en préparation
Parallèlement, les autorités sénégalaises négocient un nouveau programme de coopération avec l’institution financière internationale. Cheikh Diba a rappelé que la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, avait autorisé l’ouverture de ces négociations après une réunion informelle du conseil d’administration consacrée à la situation du Sénégal. Ce nouveau cadre de coopération devrait permettre de définir les orientations économiques du pays ainsi que les besoins de financement à moyen terme.
Des divergences sur les perspectives économiques
Malgré les progrès enregistrés, certaines divergences persistent, notamment en ce qui concerne les prévisions macroéconomiques. Le ministre a expliqué que les autorités sénégalaises et le FMI ne partagent pas la même lecture des perspectives économiques. Selon lui, l’institution internationale adopte des hypothèses jugées prudentes, tandis que le gouvernement estime que les projections nationales reflètent mieux les potentialités de croissance du pays. Ces désaccords portent principalement sur le cadrage macroéconomique et budgétaire, un élément déterminant pour évaluer les besoins de financement de l’État au cours des prochaines années.
Un enjeu financier majeur
Cheikh Diba a souligné que l’issue de ces discussions aura des conséquences importantes sur la stratégie de financement du Sénégal pour la période 2026-2028. Le niveau de financement à mobiliser dépendra en effet des hypothèses retenues. Des projections divergentes pourraient conduire à des besoins de financement plus élevés, ce qui compliquerait l’équilibre budgétaire. Selon le ministre, le FMI estime que des besoins trop importants pourraient poser des difficultés de financement, allant jusqu’à évoquer l’hypothèse d’une restructuration de la dette.