Niger : une stratégie inspirée du Burkina Faso pour lutter contre le terrorisme
Le régime militaire au pouvoir au Niger a officialisé, le 27 mars, sa volonté de structurer et d’encadrer des groupes locaux d’autodéfense afin de soutenir les forces armées dans la lutte contre les groupes jihadistes. Dans les faits, de telles initiatives existent déjà sur le terrain. Dans plusieurs localités confrontées à l’insécurité, notamment dans la région de Tillabéry, des habitants ont spontanément mis en place des milices pour assurer leur propre protection face aux attaques répétées. Jusqu’ici tolérés, ces groupes devraient désormais être intégrés dans un dispositif encadré par l’État.
Selon les autorités nigériennes, ces futures organisations seront constituées de volontaires issus à la fois des populations locales et d’anciens membres des forces de défense et de sécurité, notamment des policiers, gendarmes et militaires à la retraite. Les recrues bénéficieront d’une formation spécifique, incluant l’usage des armes et des équipements militaires. Elles seront également dotées de moyens logistiques et percevront des compensations, en nature comme en espèces. Le gouvernement précise que leurs missions porteront principalement sur la collecte de renseignements, la sensibilisation des populations et l’autodéfense des communautés.
Cette stratégie s’inscrit dans une dynamique régionale. Le Burkina Faso, confronté à une crise sécuritaire similaire, a déjà mis en place les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), un programme qui compterait environ 90 000 membres selon les estimations de ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project), spécialisée dans le suivi des violences dans les zones de conflit. L’annonce intervient dans un contexte de dégradation continue de la situation sécuritaire. Le pays a récemment été marqué par plusieurs attaques meurtrières, dont une embuscade attribuée au État islamique ayant coûté la vie à plusieurs membres de groupes locaux dans la zone d’Anzourou, ainsi que des incidents sécuritaires signalés jusque dans la capitale, Niamey.
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Par ailleurs, la recrudescence des enlèvements et des violences a conduit plusieurs pays à réduire leur présence diplomatique, avec des départs signalés parmi les personnels étrangers. Si les autorités présentent cette initiative comme une réponse pragmatique à l’urgence sécuritaire, elle soulève néanmoins des interrogations chez certains observateurs quant aux risques de dérives, notamment en matière de contrôle des armes et de protection des civils.