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OFNAC : 107 plaintes et une offensive tous azimuts contre la corruption

Avec 107 plaintes enregistrées et 147 réquisitions lancées en quelques mois, la nouvelle direction de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption affiche une montée en puissance. Son président, Moustapha Ka, évoque une « nouvelle dynamique » portée par des réformes et un regain de confiance des citoyens.
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Invité de l’émission « Point de vue » sur la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise RTS, le président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) a présenté un premier bilan des activités de l’institution depuis l’installation de la nouvelle équipe, fin décembre 2025. Un bilan marqué par une intensification des actions et une hausse significative des saisines. Sur le plan international, le Sénégal enregistre une progression dans l’Indice de perception de la corruption, passant de 43 points en 2023 à 46 points en 2025. Une évolution jugée notable par Moustapha Ka, même si le pays reste en deçà du seuil des 50 points, considéré comme déterminant pour sortir de la zone à risque.

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Classé 62e sur 182 pays, le Sénégal demeure derrière plusieurs États africains, notamment les Seychelles, le Cap-Vert, le Botswana et le Rwanda. Au cœur de cette nouvelle orientation, l’OFNAC a introduit des méthodes plus offensives. L’institution a ainsi enclenché deux procédures d’autosaisine depuis fin décembre 2025, ciblant des secteurs sensibles comme la santé et les médias. Le président souligne que ces démarches reposent sur des informations rigoureusement vérifiées, afin de garantir la crédibilité des investigations. Cette dynamique s’accompagne d’un afflux de dénonciations. En l’espace de six mois, 107 plaintes ont été enregistrées, traduisant, selon le magistrat, un regain de confiance des citoyens, favorisé par les réformes issues de l’alternance de 2024, notamment en matière de protection des lanceurs d’alerte et de renforcement des prérogatives de l’Office.

Sur ces dossiers, 27 enquêtes ont été ouvertes, tandis que deux rapports ont déjà été transmis à la justice. À l’inverse, 33 plaintes ont été rejetées, ne relevant pas du champ de compétence de l’institution. Sur le terrain, l’activité des enquêteurs s’intensifie également. Au total, 189 personnes ont été auditionnées dans le cadre des investigations. En parallèle, 147 réquisitions ont été adressées à différentes structures, dont des banques, des services fonciers et des acteurs du transport, dans le but de retracer d’éventuels flux financiers illicites et d’identifier des biens suspectés d’être acquis frauduleusement.

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Le refus de coopérer, a rappelé Moustapha Ka, constitue une infraction passible de poursuites. L’OFNAC concentre par ailleurs sa vigilance sur plusieurs secteurs jugés à risque, tels que le foncier, l’habitat, la santé, l’action sociale et les transports, notamment en ce qui concerne les pratiques d’extorsion lors des վերահles routiers. Les missions diplomatiques ne sont pas en reste dans ce dispositif de surveillance. En définitive, le président de l’OFNAC met en avant la rigueur du processus de validation des rapports, assuré par les douze membres indépendants de l’Assemblée de l’institution. Pour lui, l’efficacité de cette nouvelle dynamique se mesurera avant tout à travers les suites judiciaires qui seront réservées aux dossiers transmis.

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