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Ousmane Sonko et son gouvernement préparent les Sénégalais au pire

OUSMANE SONKO
OUSMANE SONKO
Le Sénégal doit faire face à la prochaine révision des prix des carburants prévue le 28 avril 2026.
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La veille de la fête de l’Indépendance du Sénégal, le chef du gouvernement clôturant la Semaine nationale de la jeunesse, prédit un avenir difficile pour l’économie du pays. Sans détour, le Premier ministre souligne qu’entre une dette héritée jugée insoutenable et un prix du baril de pétrole qui a atteint un pic historique en dépassant les 110 Dollars Us (environ 61 510 FCfa, au taux du Dollar d’hier soir) lié à la crise au Moyen-Orient avec la fermeture du Détroit d’Ormuz, le Sénégal va vers des lendemains difficiles.

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Pour le chef du gouvernement, la crise énergétique qui profile à l’horizon n’épargnera pas le Sénégal. «Tous les pays qui nous entourent, tous les pays du monde, y compris les pays les plus développés, ont pris des mesures drastiques ces derniers temps, appliquant soit la vérité des prix, soit des mesures de restriction sur la dépense, mais tous les pays ont appliqué des mesures. Je voudrais vous informer, vous préparer à des situations extrêmement difficiles qui nous attendent», avertit le Premier ministre, dans des propos repris par L'OBS.

Après la sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, c’est au tour du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, de tenir un discours similaire à Tivaouane. Venu représenter le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, à la cérémonie officielle de la 96e édition de la Ziarra générale de Tivaouane, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a alerté l’opinion sur un avenir économique difficile pour le pays à la suite de la crise au Moyen-Orient, occasionnant une hausse considérable du baril du pétrole. 

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«Le litre de gasoil est passé 791 FCFA au 31 janvier 2026 à 1 433 FCfa au 28 mars 2026»

Avec un baril qui avait dépassé les 110 Dollars le 20 mars dernier, le ministre de l’Intérieur a dressé un tableau sombre dû à la conjoncture nationale et internationale. Rappelant que beaucoup de pays, comme la Mauritanie, la France, entre autres, ont réajusté leurs prix, le Sénégal ne pourra pas continuer à supporter cette compensation tarifaire et doit aller vers la vérité des prix. «Tout à l’heure, Serigne Babacar m’a rappelé la fermeture du Détroit d’Ormuz par où transite près d’un quart de la consommation mondiale du pétrole. Ce qui fait que la Mauritanie a augmenté ses prix avant fin avril. Les prix des hydrocarbures ont augmenté presque partout. En France, au moins 15% des stations-services sont aujourd’hui fermées. C’est une crise énergétique qui s’annonce, c’est pourquoi, la paix et la stabilité sont capitales», tente de décrire le ministre de l’Intérieur.

Non sans préciser qu’au Sénégal, les prix n’ont pas encore bougé, malgré la forte hausse du baril. «Je ne fais pas de la politique, mais ce que je dis, c’est la réalité des faits. Cela montre donc les efforts fournis par le régime pour soulager les Sénégalais. Mais, voilà deux semaines que les prix devraient changer et que l’Etat les maintient encore. Les anciens prix n’ont pas changé et les Sénégalais n’ont pas encore senti le basculement, mais ça peut se faire dans quelques jours», prévient le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, invitant les populations à se préparer au pire pour pouvoir surmonter les probables turbulences.

Ce dernier a, en effet, soutenu que le gouvernement a fait le choix jusque-là de ne pas appliquer la «vérité des prix», tout en reconnaissant la persistance du choc sur les finances publiques. «Mais jusqu’à quand cette situation pourra-t-elle être soutenable», s’est-il interrogé. Qu’entend-on réellement par «vérité des prix» dans le contexte actuel ?  «Les prix à la pompe maintenus à 680 FCfa pour le Gasoil et 920 FCfa pour le Super, malgré la hausse du baril»Depuis le 6 décembre 2025 à 18 heures, le Sénégal avait officialisé une baisse des prix des carburants. A la pompe, le Super passe de 990 à 920 FCfa, soit une baisse de 70 FCfa. Pour ce qui est du Gasoil, il est passé de 755 à 680 FCfa, soit une diminution de 75 FCfa.

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Cette baisse visait à soulager le pouvoir d’achat des populations face à la cherté du coût de la vie. Malheureusement, quelques jours après cette baisse des prix des carburants, les cours mondiaux du baril du pétrole qui étaient restés faibles durant ces dernières années, ont pris la tendance haussière, obligeant l’Etat à compenser les prix à la pompe. Cependant, l’évolution du prix du gasoil sur le marché mondial a presque doublé en moins de trois mois, au moment où le Sénégal maintient ses prix. Sur le marché mondial, le gasoil est passé de 791 FCfa/litre au 31 janvier 2026, puis 984 FCfa/litre au 28 février 2026, à 1 433 FCfa/litre au 28 mars 2026, soit une augmentation de 642 FCfa. Sur le marché national, le gasoil a gardé son prix homologué à 680 FCfa.

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