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Philippe Maguilèn Senghor : après le déluge, le lourd bilan des dégâts...

Les fortes pluies ont causé des dégâts énormes au centre de santé Maguilèn Senghor. Patients et nouveau-nés évacués, des équipements hors d’usage, des bureaux désorganisés, des archives et des outils de gestion détrempés, le matériel informatique endommagé. Ce n'est pas tout. Au laboratoire, les dommages pourraient atteindre 150 millions de FCFA. En radiologie, mammographie et échographie comprises, les pertes se situeraient entre 170 et 200 millions FCFA.
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Le centre de santé Philippe Maguilen Senghor est pris à la gorge. L’eau a noyé les services, forcé l’évacuation des patients et mis à l’arrêt une structure qui accueille près de 600 accouchements chaque mois. Dans la nuit du 5 octobre, la structure sanitaire a connu une inondation d’une ampleur jamais enregistrée jusque-là. 1 h 20, une forte pluie s’abat sur Dakar. Les eaux envahissent progressivement l’ensemble de l’établissement.

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  • Des nouveau-nés emmaillotés sortis des salles

De la porte principale jusqu’au bureau des superviseurs, sur environ 130 mètres, aucun secteur n’est épargné. Dans les services, le niveau atteint entre 20 centimètres et 2,10 mètres. Seules deux pompes immergées parviennent à fonctionner. Très vite, l’urgence devient l’évacuation des patients les plus vulnérables. Des nouveau-nés emmaillotés sont sortis des salles, portés à bout de bras pour échapper aux flots. Les patients chancellent dans une eau qui gagne du terrain.

  • Seuls la néonatologie et le service ORL, installés à l’étage, fonctionnent

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Médecins, infirmiers, sages-femmes et aides-soignants circulent entre les lits et les portes, soulèvent, guident, rassurent. Les patients hospitalisés et les nouveau-nés de la salle Kangourou sont transférés vers d’autres structures. Seuls la néonatologie et le service ORL, installés à l’étage, continuent de fonctionner. Puis la pluie cesse. Mais le centre, lui, ne reprend pas son activité normale. Quatre jours plus tard, les stigmates du déluge restent visibles. La boue recouvre encore certains espaces.

  • Des centaines de millions de francs sous l’eau

Des équipements sont hors d’usage, des bureaux désorganisés, des archives et des outils de gestion détrempés. L’inondation a également emporté ou endommagé du matériel informatique et du mobilier. Et comme si cela ne suffisait pas, trois pans du mur d’enceinte du centre de santé se sont écroulés sous la pression des eaux pluviales.En pédiatrie, dans l’aire d’attente, le sol disparaît sous la boue et l’eau. Dans le couloir menant aux salles de consultation, chaises et tables sont renversées par le courant. «La situation est catastrophique», résume un agent.

Selon plusieurs membres du personnel, l’établissement n’avait jamais connu une telle situation. «C’est arrivé à un niveau jamais atteint», témoigne l’un d’eux repris par L'OBS. Le constat matériel est à la hauteur de la violence des eaux. La liste d’inventaire des dégâts, dont nous avons reçu copie, recense des dommages dans l’ensemble des services, particulièrement en radiologie et au laboratoire. En radiologie, échographes, table de radiologie os-poumon, mammographe, imprimante et cassettes sont déclarés inutilisables. Au laboratoire, automates, spectrophotomètres, centrifugeuse, microscopes, bactériologie étuve, consommables, ordinateurs et réfrigérateurs-congélateurs ont été atteints par les eaux.

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Figurent également sur l’inventaire des fauteuils dentaires, un compresseur, un onduleur, des médicaments anticancéreux, un registre de sortie des médicaments, une photocopieuse, des lits, un groupe électrogène, des tables et des chaises. Alioune Diatta, chargé de la Communication et Comptable matière de la structure, avance une première estimation du préjudice. Au laboratoire, les dommages pourraient atteindre 150 millions de FCFA. En radiologie, mammographie et échographie comprises, ils se situeraient entre 170 et 200 millions FCFA. Des équipements qui, souligne-t-il, auraient été acquis sur fonds propres grâce aux recettes générées par la structure.

  • 600 accouchements chaque mois compromis

Ces pertes prennent une autre dimension lorsqu’on mesure l’activité de l’établissement. Le centre assure environ 600 accouchements chaque mois et prend en charge, au-delà de la maternité, des activités comme la chirurgie faciale, la néonatologie, l’ORL, la radiologie et les analyses de laboratoire. L’inondation intervient en outre au moment où l’établissement s’apprêtait à participer à la campagne «Octobre Rose». La mammographie y était proposée gratuitement, à raison de 20 examens par jour pendant le mois d’octobre.

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Les sages-femmes assuraient également des activités de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus. Autrement dit, les eaux n’ont pas seulement noyé du matériel : elles ont interrompu des prestations de soins et de prévention destinées à une population importante.

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