Les troubles de sommeil sont fréquents chez les sujets Dakarois. L’insomnie est une plainte le plus souvent formulée par bon nombre de personnes. Au Sénégal, même si jusqu’à présent, il n’y a pas une étude faite dans ce domaine, une enquête sur l’insomnie a été réalisée par le psychiatre et neurologue au Centre hospitalier de Fann, El Hadji Matar Ba et la physiologiste et psychologue de l’université de Saint-Louis, docteur Fatoumata Ba. L’étude explorant le sommeil, validé sur le plan international et adapté par les responsables du service de Neurologie de Fann a été menée sur une période de deux mois (1er mars – 30 avril 2011) auprès de sujets résidents à Dakar et dans sa banlieue.
40% des Dakarois ne dormaient jamais plus de 8 heures, et 69,33% présentaient une somnolence en position assise
En quête perpétuelle de sommmeil, plus de la moitié de la population étudiée (69,34%) étaient aux prises aux difficultés d’endormissement. Ces données prouvent que les Dakarois dorment de moins en moins bien. La tranche d’âge de personnes interrogées varie entre 19 et 86 ans. Parmi elle, 40% ne dormaient jamais plus de 8 heures ; 25% dormaient quelquefois moins de 5h et 69,33% présentaient une somnolence en position assise. De multiples réveils nocturnes ont été observé dont près de 80% étaient victimes de façon variable. Ils s’accompagnent de plaintes au réveil à type de fatigue ou d’algies diffuses.
Toutes les catégories socio professionnelles étaient représentées : les sujets actifs (41,54%), les chômeurs (6,6%), les étudiants (30,64%), les femmes au foyer (près de 9%), et les retraités (12,26%). Mais d’après les résultats, seuls près de 32% d’entre eux présentaient des troubles fréquents du sommeil. L’hypersomnie a été observée chez prés de 15% des femmes et 29% des hommes. Le docteur El Hadji Matar Ba a noté dans cette étude, une nette prédominance des troubles du sommeil dans les tranches d’âge de 19 à 32 ans et de 33 à 46 ans, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Selon toujours le psychiatre neurologue, les troubles du sommeil sont plus fréquents chez les sujets actifs (bureaucrate et autres 41, 86%) suivi des étudiants qui représentent un pourcentage de 31, 39%. L’insomnie chez les étudiants est due généralement à la prise de substances toxiques (drogue, thé, café) à des heures tardives durant leur révision en période d’examen. Et viennent en dernier ressort les chômeurs (6,34%). Ils dorment plus bien que les susnommés alors qu’ils sont désœuvrés, sans emploi. Ce sont de «gros dormeurs». Paradoxe ! L’étude a aussi révélé la survenue de cauchemars et de syndrome d’apnée de sommeil chez certains sujets.
Le lit, c’est pour le sexe et faire dodo
Les spécialistes sont unanimes: la chambre doit être réservée au sommeil et aux activités sexuelles. «La télé, l’ordinateur, la radio, etc, ces appareils sont incompatibles avec une bonne hygiène du sommeil», note le docteur Ba. La télévision et l'ordinateur la radio ont un effet psychologique de divertissement, précise-t-il. Autant de facteurs qui rendent l'endormissement plus difficile. De plus, la lumière projetée par les écrans nuit à la sécrétion de la mélatonine, les longues lectures sur l’oreiller (le lit, c’est pour le sexe et le dodo!) retardent l'arrivée du sommeil.». A son avis, la solution réside dans la pratique régulière et modérée du sport, loin des heures de coucher, contribuant ainsi à améliorer la qualité du sommeil. «Les sujets actifs dorment plus vite que les sédentaires», précis-t-il. Une bonne connaissance du rythme, des habitudes et des horaires de coucher s’impose afin de pouvoir disposer d’une bonne hygiène de sommeil.