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L'ex ministre de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage, M. Mabouba Diagne, avait menacé d’une plainte les organes de presse qui ont fait état des fautes de gestion des ressources issues de la contrepartie financière du matériel agricole subventionné par l’Etat. Ou en est le dossier ?
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L'ex Ministre de l’agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage (Masae), avait annoncé une plainte contre les médias qui ont traité de la gestion des fonds représentant le remboursement de la contrepartie financière des bénéficiaires du matériel agricole subventionné. Lors d'une tournée, il soulignait qu'il n'était mêlé ni de près ni de loin à ce dossier du programme agricole Intermaq. Il affirmait que ce programme aurait «été signé en 2004», donc vingt ans avant son arrivée dans ce département !

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 Interrogé par L'OBS, l'ex ministre de l'Agriculture a livré une réponse particulièrement révélatrice de l'orientation prise par cette affaire. Il déclare : «En ce qui concerne les présomptions de surfacturation et d'irrégularités sur les marchés, je peux vous dire que tous les marchés antérieurs concernant la mécanisation agricole ont fait l'objet d'audits par la Cour des comptes et par l'Inspection générale d'Etat (Ige). Toutes les recommandations, propositions et décisions assorties de ces rapports seront exécutées conformément aux dispositions administratives et juridiques en vigueur."

Il ajoute : "En ce qui concerne le dossier Intermaq, à ce jour, il est placé sous l'autorité de l'Agent judiciaire de l'Etat.» Une déclaration qui laisse peu de place au doute : la destination de ce dossier est désormais judiciaire. Il ne reste plus qu'à l'Agent judiciaire de l'Etat à enclencher la procédure appropriée, si cela n'a pas déjà été fait entre-temps.

Selon le rapport 2025 de la Cour des comptes consacré à l’accord relatif à la fourniture de matériels agricoles et à la construction d’entrepôts dans le cadre du programme Intermaq, c’est-à-dire le marché T0520/22 d’un montant de 85,5 milliards de FCfa conclu entre le gouvernement du Sénégal et Intermaq 2012 S.L, les investigations des magistrats financiers auraient mis en lumière d’importants écarts entre la valeur initiale des contrats enregistrés et les volumes de capitaux effectivement retracés sur les comptes bancaires de la filiale sénégalaise.

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Ces investigations révèlent, selon le rapport, un mécanisme de redistribution de fonds au profit de plusieurs intermédiaires ainsi que de leurs proches. Toujours d’après les éléments consignés dans ce rapport, largement relayé par la presse, l’examen des relevés bancaires effectué par la Cour des comptes a révélé que le compte d’Intermaq Sénégal SA avait été crédité d’un montant total de 16,425 milliards de francs Cfa. Sur cette enveloppe globale, une somme de 7,2 milliards de francs Cfa aurait été formellement mise à la disposition de Ferdinand Coly, qui occupait alors les fonctions de coordonnateur de la structure au Sénégal.

Entendu dans le cadre d’une audition par les enquêteurs de la Cour des comptes, l’ancien international de football aurait détaillé les modalités de gestion de ces fonds, affirmant aux magistrats avoir intégralement reversé les 7,2 milliards de francs Cfa à l’homme d’affaires Saïdou Amadou Kane. Selon des informations exclusives de L’Observateur, qui a recoupé l’information auprès de l’intéressé, Ferdinand Coly, à qui l’on prêtait depuis plusieurs semaines la volonté de porter plainte contre ce dernier, n’avait engagé aucune procédure judiciaire jusqu’à vendredi dernier, 24 juillet 2026. Les investigations comptables menées auraient toutefois permis, toujours selon le rapport, de retracer une partie de ces capitaux jusqu'au cercle familial de Saïdou Amadou Kane.

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