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Révision constitutionnelle : le Président sommé de quitter la direction des partis

L’avant-projet de révision constitutionnelle rendu public le 27 avril consacre une évolution majeure du statut présidentiel. Le texte prévoit notamment l’interdiction pour le chef de l’État de diriger un parti ou une coalition politique, renforçant ainsi le principe de neutralité de la fonction.
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Une réforme d’envergure est en cours au Sénégal dans le cadre du processus de révision constitutionnelle engagé par les autorités. Selon l’avant-projet de loi rendu public le 27 avril, la fonction de Président de la République sera désormais strictement encadrée par de nouvelles règles d’incompatibilité. Le texte stipule que la fonction présidentielle est incompatible avec toute appartenance à une assemblée élective, qu’elle soit nationale ou locale, ainsi qu’avec l’exercice de toute autre activité, qu’elle soit publique ou privée.

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Senegalese President Bassirou Diomaye Faye. [Getty Images]
Senegalese President Bassirou Diomaye Faye. [Getty Images]

Cette disposition vise à consacrer une séparation plus nette entre les fonctions exécutives et les autres engagements institutionnels ou professionnels. L’un des points majeurs de cette réforme concerne la relation entre le chef de l’État et les partis politiques. Désormais, même s’il reste membre d’une formation politique, le Président ne pourra y occuper qu’une fonction honorifique. Il lui sera également interdit de participer aux activités politiques partisanes, notamment aux campagnes électorales, sauf dans le cadre d’une candidature à sa propre réélection. Cette orientation marque une volonté affirmée de renforcer la neutralité de la fonction présidentielle et de limiter l’influence directe du chef de l’État dans les dynamiques partisanes. Elle s’inscrit dans une logique de rééquilibrage institutionnel et de consolidation des principes démocratiques.

diomaye presse
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Cette réforme fait écho à des positions défendues par Bassirou Diomaye Faye avant son accession au pouvoir. Alors dans l’opposition, il avait dénoncé le cumul entre les fonctions présidentielles et les responsabilités partisanes, qu’il jugeait inapproprié. Une fois élu, il avait d’ailleurs démissionné de son poste de secrétaire général du PASTEF, affirmant sa volonté de se consacrer pleinement à ses fonctions de chef de l’État. Si cette réforme est adoptée, elle introduira une rupture significative dans la pratique politique sénégalaise, en redéfinissant le rôle du Président et en renforçant son positionnement au-dessus des clivages partisans.

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