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Stress, peur, anxiété : ce qui se joue réellement en nous

Dans un monde marqué par les crises et l’accélération du rythme de vie, l’inquiétude devient omniprésente. Pourtant, loin d’être une fatalité, elle repose sur des mécanismes biologiques et psychologiques que l’on peut apprendre à réguler.
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Crises géopolitiques, urgence climatique, instabilité économique ou encore bouleversements technologiques : notre époque semble propice à l’installation d’une inquiétude diffuse et persistante. Cette anxiété, qui s’immisce dans le quotidien, perturbe les pensées et éloigne du moment présent. Pour Jean-Louis Abrassart, auteur de l’ouvrage Je m’inquiète trop, cette inquiétude résiste souvent à la logique et aux tentatives de réassurance. Elle s’inscrit dans un contexte global où l’insécurité semble permanente, au point qu’il devient presque normal de ressentir de l’angoisse face au monde actuel.

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À cette pression extérieure s’ajoute une transformation profonde de notre rapport au temps. Tout s’accélère : les échanges, les informations, les décisions. Ce rythme effréné favorise les ruminations et fragilise l’équilibre mental et physique. Peu à peu, l’esprit se surcharge, alimentant un cercle vicieux difficile à briser. Mais l’origine de nos inquiétudes dépasse largement l’actualité. Selon le psychiatre et neuroscientifique David Gourion, elles trouvent leur source dans notre évolution. Le cerveau humain est programmé pour détecter le danger afin d’assurer notre survie. Une capacité autrefois essentielle, mais qui aujourd’hui peut devenir envahissante en nous poussant à anticiper constamment le pire. Cette mécanique repose sur plusieurs zones cérébrales, notamment l’amygdale, véritable système d’alerte, et le cortex préfrontal, impliqué dans l’anticipation et les pensées répétitives. À cela s’ajoute un héritage génétique et environnemental qui peut prédisposer certains individus à l’anxiété. Loin de se limiter à l’esprit, ces inquiétudes s’expriment également dans le corps.

Troubles digestifs, tensions, sensations d’oppression… autant de manifestations physiques qui traduisent ce mal-être. Pour le psychiatre Christophe André, pensée et corps sont étroitement liés : les émotions prennent racine dans les sensations corporelles et s’y répercutent en permanence. Face à ce constat, plusieurs solutions existent pour atténuer cette pression. L’écoute de ses émotions constitue une première étape essentielle. Les reconnaître permet souvent de réduire leur intensité. L’activité physique, elle aussi, joue un rôle clé en aidant à relâcher les tensions et à prendre du recul. Les techniques de respiration, de relaxation ou encore la cohérence cardiaque apparaissent également comme des outils efficaces.

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En agissant directement sur le système nerveux, elles contribuent à réguler le stress et à apaiser le corps. Le moment du coucher reste toutefois particulièrement sensible. C’est souvent à cet instant que les pensées envahissantes refont surface. Pour David Gourion, il est préférable d’éviter de ruminer à ce moment-là et de reporter ces réflexions au lendemain afin de favoriser l’endormissement. Apprendre à vivre avec ses inquiétudes, plutôt que chercher à les supprimer totalement, apparaît ainsi comme un enjeu majeur.

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