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Taxis électriques : la BCI au cœur de la modernisation du transport urbain

Le Sénégal accélère la modernisation de son transport urbain avec la mise en circulation de 100 taxis 100 % électriques. Porté par la BCI, le FDTT et l’ONFP, le programme vise à améliorer le financement, la formation et les conditions de travail des chauffeurs, avec l’ambition de porter progressivement la flotte à 10 000 véhicules électriques d’ici 2030.
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La BCI, un acteur clé du financement de la mobilité électrique

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La transition vers la mobilité électrique prend forme au Sénégal. Ce jeudi 24 septembre 2026, les 100 premiers taxis électriques d’un programme plus vaste ont été présentés au CICES, à Dakar. Derrière cette initiative figure notamment la Banque pour le Commerce et l’Industrie (BCI), qui entend faire du financement un levier de transformation du transport urbain. La banque travaille avec le Fonds de développement des transports terrestres (FDTT) pour faciliter l’accès des professionnels du secteur à des véhicules électriques et contribuer au renouvellement progressif du parc. Le directeur général de la BCI, Papa Massal Dièye, a présenté cette initiative comme un financement allant au-delà d’une simple opération bancaire.« Le programme Campus, c'est un financement d'impact. La banque n'a pas financé juste pour donner de l'argent et recevoir des intérêts », a-t-il déclaré. Pour le directeur général, l’enjeu est de répondre à une problématique d’utilité publique en favorisant un transport offrant de meilleures conditions aux usagers, tout en permettant l’émergence d’une nouvelle génération de chauffeurs davantage intégrés au système bancaire et professionnel.

Papa Massal Dièye : « Créer une classe de chauffeurs nouvelle »

Dans son intervention, Papa Massal Dièye a particulièrement insisté sur la dimension humaine du projet. Selon lui, la modernisation du transport ne peut pas se limiter au remplacement des véhicules. La BCI veut également contribuer à créer un environnement permettant aux chauffeurs d’accéder au financement bancaire, à la protection sociale et à de meilleures conditions d’exercice. « Nous avions voulu résoudre un problème, on va dire, d'utilité publique, à savoir le transport dans de bonnes conditions, par de bonnes personnes, et créant un environnement qui favorise l'émergence d'une classe de chauffeurs nouvelle, très inclusive », a-t-il expliqué. Cette orientation rejoint le mécanisme prévu dans le programme, qui repose notamment sur un système de crédit-bail. Selon les éléments communiqués, les chauffeurs peuvent devenir propriétaires de leur véhicule au terme de quatre années. Le dispositif prévoit également une assurance tous risques, la maintenance des véhicules et une couverture sociale, avec notamment une assurance maladie pour les chauffeurs et leurs familles.

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Un financement pour changer le visage du taxi

Pour Papa Massal Dièye, le projet répond également à la nécessité d’améliorer l’image du transport sénégalais. « Lorsqu'on voit le visage du transport à date, cela est peu reluisant pour notre pays. Et c'est ce que la BCI a voulu faire corriger », a-t-il déclaré. Le directeur général de la BCI insiste ainsi sur la place que pourraient occuper les chauffeurs dans l’accueil et l’image du Sénégal. L’objectif affiché est de faire des professionnels du transport de véritables acteurs d’un nouveau modèle de mobilité urbaine.

De 100 à 10 000 taxis électriques

La remise des 100 premiers véhicules constitue la première étape d’un programme beaucoup plus vaste. La BCI et le FDTT ambitionnent de porter progressivement la flotte à 1 000 véhicules avant d’atteindre, à terme, 10 000 taxis électriques. Selon les responsables du programme, 500 véhicules sont attendus avant la fin de l’année 2026 et 1 000 au premier trimestre 2027. L’ambition finale est d’atteindre 10 000 véhicules électriques à l’horizon 2030. La BCI et le FDTT prévoient la mise en circulation de 700 taxis avant la fin de 2026, avec 300 autres dans la phase suivante.

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La formation, autre pilier du programme

Pour Papa Massal Dièye, l’investissement dans les véhicules doit nécessairement être accompagné d’un investissement dans les compétences. La BCI a ainsi mis l’accent sur la formation des chauffeurs, notamment en matière de conduite et de sécurité. « Donc on ne peut pas mettre autant d'argent sans mettre de la capacitation des personnes qui ont en charge de dérouler ce programme », a-t-il souligné. Les formations doivent notamment permettre aux conducteurs de mieux réagir face à différentes situations : accidents, incendies, mouvements de foule ou encore problèmes de santé rencontrés par les passagers. L’ONFP intervient dans ce volet afin d’accompagner les chauffeurs dans l’acquisition des connaissances et des comportements nécessaires à l’exercice de leur activité.

Des infrastructures pour accompagner l’électrique

La BCI entend également participer à la mise en place de l’écosystème nécessaire au développement de la mobilité électrique. « Un véhicule électrique sans capacité à l'alimenter convenablement, ça ne sert pas à grand-chose », a rappelé Papa Massal Dièye. Le programme prévoit ainsi le développement de bornes de recharge rapide. Le FDTT travaille notamment avec Prime D Energy sur l’installation et la maintenance de ces infrastructures. Une première phase doit compter au minimum huit bornes de recharge rapide. Pour le directeur général de la BCI, cette évolution doit également permettre l’émergence d’une nouvelle chaîne de valeur autour de la mobilité électrique, avec l’intervention de plusieurs entreprises sénégalaises.

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Bara Sow et le FDTT comme partenaires de la BCI

Le Fonds de développement des transports terrestres (FDTT) joue un rôle complémentaire dans le dispositif. Son administrateur, Bara Sow, présente le projet comme un moyen d’accompagner la modernisation du transport public et de faciliter la mobilisation des financements. « Notre mission, c’est d’accompagner la modernisation du secteur et d’être un catalyseur des financements pour le secteur des transports publics au Sénégal », a-t-il expliqué. Le FDTT intervient notamment dans le mécanisme de garantie destiné à rassurer les institutions financières et à faciliter l’accès au crédit des professionnels du transport. Le partenariat entre Bara Sow et Papa Massal Dièye avait déjà été formalisé à travers une convention entre le FDTT et la BCI, destinée à structurer le financement et le déploiement de nouveaux véhicules pour le transport urbain.

Une banque qui mise sur le financement d’impact

À travers ce programme, la BCI entend donc positionner le financement bancaire comme un instrument de transformation du secteur des transports. Pour Papa Massal Dièye, l’objectif est de contribuer à l’émergence d’un transport plus moderne, plus structuré et davantage intégré à l’économie formelle. La mise en circulation des 100 premiers taxis électriques apparaît ainsi comme le premier jalon d’un programme qui associe financement, formation, infrastructures de recharge et amélioration des conditions de travail. De son côté, le FDTT entend poursuivre son rôle de catalyseur, tandis que la BCI porte le volet financier du dispositif. À terme, les partenaires visent une flotte de 10 000 véhicules électriques, avec l’ambition affichée de transformer progressivement le visage du transport urbain sénégalais.

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