Tchad : 25 morts et 22 blessés dans des affrontements entre deux communautés
Le sud-ouest du Tchad a été le théâtre de violents affrontements intercommunautaires vendredi, faisant au moins 25 morts et 22 blessés. Le bilan a été communiqué dimanche par le ministère tchadien de l’Administration du territoire, dans un communiqué officiel. Les violences ont éclaté dans la zone de Koula, à la frontière entre les provinces du Hadjer-Lamis et du Bahr El-Ghazal. Selon les premières informations rapportées par un député de la localité à l’Agence France-Presse (AFP), le différend serait parti d’une dispute entre un éleveur de la communauté kreda, venu faire abreuver son bétail dans une mare, et un membre de la communauté kouka.
Une altercation qui dégénère en affrontements armés
D’après l’élu local, la dispute a pris une tournure violente lorsque l’éleveur aurait sorti une arme à feu et tiré sur le pied de son interlocuteur. Cet incident a ensuite provoqué une confrontation entre les deux communautés, au cours de laquelle des armes à feu ont été utilisées. Les affrontements ont fait 22 blessés, qui ont été évacués vers l’hôpital de Ngoura pour recevoir des soins. Le bilan global fait état de 25 personnes décédées, selon les autorités tchadiennes. À la suite de ces violences, 39 personnes ont été interpellées puis transférées à N’Djaména pour la suite de la procédure judiciaire, a précisé le ministère de l’Administration du territoire. Une délégation gouvernementale composée de plusieurs ministres s’est également rendue sur les lieux samedi. Cette mission vise notamment à contribuer au rétablissement du calme, à assurer la protection des populations et à prévenir une nouvelle escalade des tensions. Selon un responsable local contacté par l’AFP, qui a souhaité garder l’anonymat, la situation semblait être maîtrisée grâce à l’intervention des forces de sécurité.
L'accès à l'eau, une source récurrente de tensions
Ce nouvel épisode de violences intervient dans un contexte marqué par la récurrence des conflits intercommunautaires au Tchad. Dans plusieurs zones rurales, les différends liés à l’accès aux terres, aux pâturages, au bétail et aux ressources en eau provoquent régulièrement des affrontements meurtriers.Les disparités entre les zones urbaines et rurales en matière d’approvisionnement en eau restent importantes dans ce vaste pays d’Afrique centrale. Selon les Nations unies, moins de 10 % des ménages tchadiens disposaient d’un accès continu à une eau courante saine en 2024. En avril dernier, un différend autour d’un puits avait déjà dégénéré dans la province du Wadi Fira, dans l’est du pays. Ces violences avaient fait 42 morts et 10 blessés.