Publicité

Trafic de médicaments à Dalal Jamm : la version du directeur de l’hôpital

Dans l'affaire des soupçons de trafic de médicaments au Centre hospitalier national Dalal Jamm de Guédiawaye (portant notamment sur un lot de 300 ampoules de midazolam injectable), la directeur de l'établissement, Docteur Samba Guèye livre sa part de vérité.
Publicité
  • «Ce type de dépannage était une pratique antérieure»

Publicité

«Nous étions confrontés à une urgence liée à une rupture de stock. Une expression de besoins avait été établie pour nous approvisionner auprès d’un fournisseur autre que la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA). J’ai donné mon accord pour éviter une interruption du service. Il existait déjà une convention entre l’hôpital et la pharmacie Petit-Ouzin, et ce type de dépannage était une pratique antérieure. Nous n’avons rien inventé. Nous avons laissé fonctionner le dispositif, le temps d’effectuer les vérifications nécessaires.»

  • La restitution des médicaments au fournisseur

«Les produits dont la valeur était estimée à environ 79 000 FCFA (d’après les chiffres communiqués au directeur), ne pouvaient pas rester dans le service de pharmacie alors que le pharmacien avait indiqué ne pas souhaiter les utiliser. Il fallait éviter de les conserver dans nos locaux sans perspective d’utilisation. Ousmane Ndiaye, chargé de la sûreté des marchés, les a remis au fournisseur venu les récupérer, puis m’en a informé. Comme les médicaments n’avaient pas été utilisés et que le service ne souhaitait pas les conserver, leur restitution nous a paru préférable.

Publicité
  • "Retourner les produits au fournisseur n’est pas une faute"

"Ce n’est pas un jeu de cache-cache. Lorsqu’on ne veut pas utiliser un produit, on le retourne en toute transparence. On ne peut pas conserver des marchandises dont on n’a pas besoin et payer des produits qu’on n’a pas consommés. Si les produits restent dans nos locaux et qu’ils disparaissent, l’hôpital peut ensuite être tenu pour responsable. Il était donc plus clair de les restituer au fournisseur plutôt que de les garder chez nous. Lorsque j’ai été informé de leur retour, j’ai cautionné cette décision."

  • La destination finale des 300 ampoules

«Je ne connais pas leur destination finale. Je ne réceptionne pas personnellement les livraisons : je certifie les réceptions sur la base des constatations de la commission compétente. La personne chargée du dossier m’a informé après la restitution, mais je ne sais pas ce qu’il est advenu des produits par la suite. À ma connaissance, l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) est venue et a demandé à revoir les produits. Pour le reste, je ne peux pas me prononcer. Ce que je sais, c’est qu’ils sont sortis des services de l’hôpital après que le pharmacien a indiqué qu’il ne souhaitait pas les utiliser. J’ai demandé aux services chargés des réceptions de ne plus accepter les produits de la pharmacie Petit-Ouzin et à l’ensemble des services de ne plus entrer en contact avec ce fournisseur, dans l’attente d’y voir plus clair.»

Publicité
  • Comment les médicaments ont-ils été utilisés

«Aucune des 30 boîtes n’a été ouverte, selon les informations dont nous disposons, et aucun patient n’a reçu ces médicaments. Les fiches du bloc opératoire peuvent être consultées pour vérifier ce point. À ma connaissance, il n’y a donc pas eu d’exposition des patients à ces produits. »

  • Les accusations de l’ancien chef du service de pharmacie

«Le problème, selon moi, c’est que ce n’est pas lui qui a apporté les produits. S’il avait refusé de travailler avec Petit-Ouzin, il n’y aurait peut-être jamais eu de convention avec cette pharmacie. Il a pourtant travaillé avec ce fournisseur pendant des années. L’hôpital est géré par un directeur, qui donne les instructions nécessaires à son fonctionnement. Les produits ont été remis à la commission qui les avait réceptionnés, afin de respecter les procédures. Nous voulons également que les vérifications portent sur sa gestion antérieure et sur les conditions dans lesquelles il collaborait avec ce fournisseur. Il y a des éléments qui méritent d’être examinés, notamment des dettes fournisseurs dont la traçabilité reste à établir. Un audit a été commandité sur l’actuelle direction de la pharmacie pour faire la lumière sur ces questions.»

Publicité
Loading discussion…