Publicité

Un commandant de l'Armée jugé pour trafic de billets noirs d’une valeur d’1 milliard FCFA

faux billets
Commandant et chef de corps du bataillon de la musique principale des forces armées depuis plus de trente ans, I. C. B. a été jugé hier, devant le tribunal de Pikine-Guédiawaye pour une affaire de faux billets noirs d’une contrevaleur d’un milliard de FCfa.
Publicité

Du neuf dans l’affaire du milliard en billets noirs intercepté à Keur Massar dans la banlieue dakaroise. Le chef de corps du bataillon de la musique principale des forces Armées, le Commandant I. Barro, arrêté en même temps que ses présumés complices, ont été jugés hier mardi devant le tribunal de Guédiawaye-Pikine. Il s'agit de : Ibrahima Chimère Barro, Commandant en service depuis 1994, Hubert Assogba, ancien technicien audiovisuel d'un grand groupe de presse, domicilié à la cité des Enseignants de Guédiawaye, Mbacké Sow Ndiaye, étudiant, et Mamadou Fatou Ndiaye, agent des Postes à la Médina. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de falsification de billets de banque, contrefaçon de signes monétaires et détention de matériel de contrefaçon. Mais devant le tribunal, tous ont opposé un refus catégorique des accusations.

Publicité
Armée malienne FAMA
Armée malienne FAMA

Les aveux du Commandant

Interrogé par le président, le Commandant Barro a surpris l’assistance en revenant complètement sur ses déclarations faites lors de l’enquête préliminaire. D’une voix ferme, il affirme avoir inventé toute l’histoire qu’il avait racontée aux gendarmes. «Je nie les faits. J’ai raconté une histoire parce qu’un supérieur m’avait dit de reconnaître les faits. Il m’avait assuré que l’affaire allait se régler en quinze jours», lâche-t-il, dans des propos repris par L'OBS. Lors de l’enquête, il avait pourtant déclaré avoir reçu un colis contenant des billets noirs remis par un certain Serigne Mbaye, habitant à Touba. Hier, il a balayé cette version d’un revers de main. Selon lui, le jour des faits, il avait simplement quitté le camp Leclerc et pris deux jeunes en auto-stop au niveau de la Foire. Tous se rendaient à Keur Massar pour une affaire de location d’appartement. C’est à ce moment-là, affirme-t-il, que les gendarmes les auraient encerclés avant de les conduire dans un appartement où aurait été retrouvée une sacoche contenant les fameux billets noirs.

«Je n’ai jamais détenu ces billets"

Publicité
faux billets saisis à Tambacounda
faux billets saisis à Tambacounda

«Je n’ai jamais détenu ces billets. Je ne les ai vus qu’à la brigade quand le Major Kandji m’en a montré un», insiste-t-il. Les trois autres hommes poursuivis dans ce dossier ont également nié toute implication. Hubert Assogba, technicien audiovisuel reconverti dans l'immobilier et qui dit être également musicien, explique qu’il avait rencontré Barro qui était le chef de corps du Bataillon de la Musique principale des forces Armées, dans son bureau au Camp Leclerc pour préparer un événement musical. «Je suis venu pour une affaire d’instruments à vent. C’est la seule fois où je l’ai vu», assure-t-il. Le jour de son interpellation, il affirme se trouver à Keur Massar pour installer une sonorisation dans une église.

De son côté, Mamadou Fatou Ndiaye, agent des Postes, reconnaît uniquement connaître l’étudiant Mbacké Sow Ndiaye, qu’il présente comme un proche. Les deux hommes disent s’être rendus à Keur Massar pour visiter un appartement en location. Quant à l’étudiant Mbacké Sow Ndiaye, il soutient avoir été arrêté alors qu’il sortait d’une boutique où il rechargeait son téléphone. «Je n’avais sur moi qu’un parfum et de l'argent que je devais remettre à ma mère à Malika. Je n’ai jamais vu ces billets noirs», affirme-t-il.

Le parquet requiert 10 ans de prison

Publicité
faux billets
faux billets

Le ministère public a requis 10 ans de prison ferme et 20 millions de FCfa d’amende contre chacun des prévenus. Placés en détention depuis près de trois ans, les quatre hommes jouent désormais leur avenir judiciaire. Après de longues heures de débats, le tribunal a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le verdict sera rendu le 15 avril prochain.

Publicité
Dernières vidéos
Publicité