Un milliard FCFA, la prime hallucinante réclamée par Pape Thiaw
Le contrat de l'entraineur du Sénégal Pape Thiaw a été signé dans des conditions très, très compliquées. Révélation faite par le journaliste Bacary Cissé, président de la Commission Communication de la FSF. "C'est à la date du 25 février 2026 que la Fédération sénégalaise de football a transmis au sélectionneur sa proposition de contrat. C'est-à-dire qu'à cette date-là, on va ouvrir officiellement les discussions relatives à l'avenir de Pape Thiaw à la tête de la sélection sénégalaise", a-t-il renseigné. Avant d'ajouter : "Le 8 mars 2026, le sélectionneur revient vers le président pour lui présenter de nouvelles exigences. C'est-à-dire, il est demandé en premier lieu que son salaire fixe soit indexé sous le taux d'inflation de la Banque centrale. Et ça a paru un peu bizarre pour le président."
L'accord avec l'ex ministre des Sports
Il ajoute : "Ensuite, il a fait comprendre au président qu'il avait eu un entretien avec Mme la ministre des Sports d'alors, Khady Diene Gaye, et qu'ils auraient trouvé un terrain d'entente. Effectivement, le président est entré en contact avec la ministre des Sports, et a demandé à celle-ci de matérialiser leur accord par écrit, afin que lui-même puisse faire le contrat définitif. Donc c'est ce qui a été fait par la ministre des Sports qui avait dit qu'il fallait aligner le contrat de Pape Thiaw à celui de Aliou Cissé."
Pape Thiaw voulait un salaire de 50 millions FCFA
Il poursuit : "Et ce faisant, le président a écrit un autre contrat. Dans ce contrat, il est clairement indiqué que Pape Thiaw devait recevoir 20 millions FCFA net d'impôts par mois, plus 120 millions FCFA de primes de signature, payables soit de 30 millions par trimestre, c'est-à-dire 10 millions FCFA par mois. Donc en gros, Aliou Cissé n'avait pas 30 millions. Mais aujourd'hui, si on accorde à Pape Thiaw 20 millions plus 120 millions, comme ça a été le cas avec Aliou Cissé, donc il devait avoir le même salaire. Mais par la suite, Pape Thiaw est revenu avec une autre proposition. Il voudrait que son salaire soit à 50 millions FCFA."
Plus d'un milliard de primes exigé par Pape Thiaw
Ce n'est pas tout. Bakary Cissé ajoute : "C'est pour ça qu'il avait dit au président que ce n'est pas cet accord qu'il a eu avec le ministre d'alors. Le président a été étonné. Il a dit «bon, moi, le ministre est mon supérieur hiérarchique. Vous m'avez dit que vous avez convenu d'un salaire. Et quand j'ai demandé au ministre de m'écrire officiellement, ce sont ces chiffres-là qu'il m'a transmis.» Donc Pape Thiaw est revenu à la charge pour demander 50 millions FCFA net d'impôt par mois plus 360 millions FCFA de primes de signature. Il a aussi demandé 150 millions FCFA de primes en cas de qualification en quarts de finale. Il a demandé beaucoup de primes. Et je pense que l'ensemble des primes était estimé à environ 1,4 milliard FCFA."
Le faux bond de Pape Thiaw
"Il avait demandé aussi une revalorisation salariale de 45% en cas de qualification en quarts de finale, portant le salaire à 62,5 millions FCFA. Dont une prime annuelle de droit à l'image. Parce qu'il disait que son image permettait de redorer le blason de l'équipe nationale du Sénégal. Et donc il avait besoin de 50 millions de FCFA de droit d’images. C'était un peu compliqué. Le président lui a fait comprendre que ses exigences étaient très compliquées et qu’il ne pouvait pas les valider, qu’il était obligé de s'en ouvrir à nouveau à l'autorité. Après, ils se sont fixé plusieurs rendez-vous chez le ministre des Sports. Malheureusement, Pape Thiaw avait fait faux bond ce jour-là, prétextant qu'il dormait, ça peut être naturel parce qu'effectivement, il travaille beaucoup."
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Le coup de fil du Président Diomaye
"Donc le 3 juin dernier, il revient à la charge pour demander à nouveau 300 millions de primes. Parce qu'entre-temps, l'équipe devait voyager. Et l'information a fuité selon laquelle Pape Thiaw ne voudrait pas monter à bord de l'avion. Et donc ce jour-là, heureusement, il y avait un des conseils du président de la République qui était dans la tanière. Il n'a pas hésité d'appeler le chef de l'État pour lui en parler. Et le chef de l'État a pris sur lui-même d’échanger avec Pape Thiaw. Ils ont eu un terrain d'entente et Pape Thiaw a décidé de voyager avec l'équipe. Donc malgré ce contrat moral, parce que moi, je me dis que même s'il venait à parler avec le président de la République, il y a un contrat moral qui les lie aujourd'hui avec le peuple sénégalais. Parce que le président de la République est le père de la Nation. C’est lui qui était en charge de donner son point de vue par rapport au salaire que Pape Thiaw devait recevoir."
La menace de Pape Thiaw de bouder le banc des Lions
"Mais là, quand l'équipe a été regroupée aux États-Unis, le 3 juin 2026, le sélectionneur est revenu à la charge pour dire effectivement qu'il était d'accord sur les 30 millions FCFA par mois. Mais dans ce cas, il a besoin de 440 millions de primes de signature, plus 500 millions de primes spéciales et 1 milliard de FCFA en cas de victoire finale à la Coupe du monde. Il y avait aussi des avantages en nature bien entendu. Il avait besoin d'un véhicule de fonction, de 200 litres de carburant par mois, d’une ligne de crédit téléphonique de 200 000 francs CFA par mois, et d’un régime privé d'assurance maladie. Donc le président de la Fédération a été obligé de rendre compte à nouveau au président de la République, parce que là, on était en pleine compétition. J'estime que tout le monde était gêné avec les va-et-vient et toutes les péripéties qui se sont passées dans ce contrat-là. Le président de la Fédération était obligé de recontacter le président de la République pour lui faire part des dernières prétentions salariales de Pape Thiaw en pleine compétition. Donc c'est à la veille du match contre la Norvège que Pape Thiaw a dit qu'il n'allait pas s'asseoir sur le banc de touche, s'il n'arrivait pas à signer son contrat.'