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"Un ordinateur, un étudiant" : dans les coulisses de l'audition du Pr Daouda Ngom

Entre marchés hors circuits réglementaires et dossiers introuvables, le Pr Daouda Ngom chiffre à 21,37 milliards de FCFA les décaissements effectués sans contrat entre 2017 et 2022, dans le cadre du Programme "Un étudiant, un ordinateur".
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Un dossier absent des documents de passation de service

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Entendu par la commission d'enquête parlementaire le 16 octobre 2026, l’ancien ministre sénégalais de l’Enseignement supérieur, le Pr Daouda Ngom, a dénoncé les dérives massives du programme « Un étudiant, un ordinateur ». Il a mis en cause la gestion antérieure du dispositif, évoquant des décaissements de 21,37 milliards FCfa entre 2017 et 2022 sans contrats retrouvés. Devant les députés, Pr Daouda Ngom, qui a dirigé le ministère de l’Enseignement supérieur du 15 septembre 2025 au 1er juin 2026, a affirmé avoir découvert, à son arrivée, un dossier largement absent des documents de passation de service. «Le procès-verbal de passation ne contenait absolument rien sur ce projet», déclare-t-il.

Le programme aurait progressivement échappé aux circuits ordinaires de la commande publique à partir de 2017

«Seule une mention dans le tableau d’exécution budgétaire faisait apparaître une enveloppe initiale de 6 milliards FCfa, exécutée à hauteur de 50 %, soit 3 milliards consommés et 3 milliards restants», poursuit-il, dans des propos repris par L'OBS. C’est au cours de ses premiers échanges avec le directeur général de l’Enseignement supérieur, Abdou Aziz Diouf, et la directrice du financement des établissements d’enseignement supérieur, Mame Penda Ba, que l’ancien ministre dit avoir mesuré l’ampleur des difficultés. Selon son récit, le programme aurait progressivement échappé aux circuits ordinaires de la commande publique à partir de 2017. «La Cellule de passation des marchés ne connaissait pas ce dossier et il n’était pas immatriculé auprès de la Dcmp», soutient-il.

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Le constat le plus lourd concerne les exercices 2017 à 2022. «Les décaissements du Trésor public s’élèvent à 21 milliards, précisément 21 370 499 499 FCfa, sans qu’aucun contrat n’ait jamais été trouvé», affirme Pr Daouda Ngom. Des accusations qui, si elles sont confirmées par les vérifications en cours, poseraient la question de la traçabilité des fonds publics et des responsabilités administratives. L’ancien ministre a annoncé avoir demandé un audit financier pour examiner la gestion antérieure du programme.

50 000 ordinateurs commandés en moins de trois mois

Autre point soulevé lors de l’audition : les volumes de commandes enregistrés en 2023. D’après les éléments présentés par Daouda Ngom, un premier contrat portant sur 4 368 ordinateurs a été signé avec Oumou Group le 21 juillet, suivi d’un deuxième de 20 000 unités le 10 août. Le 4 octobre, un troisième contrat de 25 000 ordinateurs a été conclu avec Computer Land. Au total, 49 368 ordinateurs ont ainsi été commandés en moins de trois mois, selon les chiffres avancés par l’ancien ministre. Il estime que ces volumes dépassaient les besoins annuels, évalués entre 20 000 et 25 000 unités, pour une enveloppe budgétaire maximale de 6 milliards FCFA.

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Cette accumulation de commandes aurait contribué à alourdir les engagements financiers de l’État. Daouda Ngom a indiqué qu’à son arrivée, Computer Land réclamait encore 2,85 milliards FCfa, tandis qu’Oumou Group faisait état d’une créance de 500 millions. Après vérification, explique-t-il, 500 millions ont été versés à Oumou Group et 1 milliard à Computer Land, ramenant la dette résiduelle envers ce dernier à 1,8 milliard FCfa. Ces montants, présentés par l’ancien ministre devant les parlementaires, devront être rapprochés des contrats, des pièces comptables et des justificatifs de livraison. Ils mettent en lumière une difficulté centrale du dossier : établir la concordance entre les commandes passées, les équipements effectivement réceptionnés et les sommes versées.

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