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Ce qui devait être une simple séance de massage thérapeutique a viré au viol.
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Les faits ont eu lieu à Keur Massar et remontent à un lundi du mois de février 2023. Ce matin là, relate L'OBS, V. D., alors âgée de 23 ans, avait donné rendez-vous à Édouard Mbaye Guèye pour une séance de massage thérapeutique. Selon les débats, V. D., étudiante boursière qui effectuait également des prestations dans un centre paramédical proposant des massages thérapeutiques, avait fait la connaissance d'Édouard Mbaye Guèye dans la gargote tenue par sa sœur. Les deux avaient ensuite échangé via WhatsApp, après que le prévenu eut découvert les offres de massage publiées en statut.

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Salon massage illustration
Salon massage illustration

Le jour des faits, un rendez-vous est fixé pour une séance de massage. Mais, la machine étant en panne au centre de Keur Massar, la jeune femme lui propose de se rendre dans une autre structure à Ngor. C'est au cours du trajet, vers la fin de la matinée, que les versions divergent radicalement. À la barre, V. Diop raconte qu'à hauteur de l'hôpital de Keur Massar, son accompagnateur quitte brusquement l'itinéraire prévu. Il lui explique vouloir rendre visite à un ami dans le quartier MTOA avant de reprendre la route. La jeune femme affirme avoir été conduite dans une chambre en location après que le prévenu lui eut assuré que son ami et sa compagne s'y trouvaient.

Une fois à l'intérieur, personne ne s'y trouvait. Toujours selon la partie civile, Édouard Mbaye Guèye lui déclare alors sa flamme, devient insistant et lui ordonne de rester assise alors qu'elle souhaite partir. Elle affirme qu'il commence à la caresser, puis déchire son pantalon, sa culotte et casse une boucle d'oreille. Malgré ses cris et son opposition, il l'a menacée de la filmer nue et de diffuser les images avant de lui imposer une relation sexuelle. Elle soutient avoir finalement réussi à s'échapper entièrement nue de la chambre pour demander du secours à une voisine qui lui a prêté un pagne avant qu'elle ne se rende à la gendarmerie de Keur Massar afin de déposer plainte.

L'accusé évoque une relation consentie

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Édouard Mbaye Guèye rejette catégoriquement les accusations de viol. Il reconnaît avoir entretenu une relation sexuelle avec V. Diop, mais affirme qu'elle était librement consentie. Selon lui, ils entretenaient déjà des rapports amicaux et envisageaient même une relation amoureuse. Il soutient qu'ils s'étaient d'abord rendus dans une boulangerie avant de rejoindre la chambre d'un ami, où il lui aurait renouvelé sa déclaration d'amour. Toujours selon sa version, la jeune femme lui aurait répondu qu'ils pouvaient «essayer» leur relation, avant que les rapports intimes ne se déroulent sans contrainte. Le prévenu admet également avoir conduit la victime dans la chambre appartenant à son ami, B. Dieng, absent au moment des faits.

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Le témoignage de la voisine

L'un des éléments les plus discutés au procès demeure le témoignage de S. Diémé, voisine des lieux. Cette dernière a déclaré avoir vu le couple entrer dans la chambre avant d'entendre, quelques minutes plus tard, des cris de détresse provenant de l'intérieur. Occupée à surveiller des enfants, elle explique ne pas être intervenue immédiatement. Elle affirme toutefois avoir vu ensuite V. Diop sortir précipitamment, entièrement nue et en état de panique. C'est elle qui lui a remis un pagne afin qu'elle puisse se couvrir. Pour le ministère public, ce témoignage indépendant est incompatible avec la thèse d'une relation librement consentie.

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Le certificat médical, évoquant notamment des lésions au niveau de la fourchette vulvaire compatibles avec un rapport forcé, ainsi que le pantalon déchiré remis aux enquêteurs, viennent également, selon l'accusation, renforcer les déclarations constantes de la victime. Dans son ordonnance de mise en accusation, le juge d'instruction a estimé que ces éléments constituaient des charges suffisantes pour renvoyer Édouard Mbaye Guèye devant la Chambre criminelle pour répondre du crime de viol. À l'issue des débats, le procureur a considéré que les violences, les menaces, les déchirures des vêtements, les constatations médicales ainsi que le témoignage de la voisine établissaient les éléments constitutifs du viol. Il a requis la déclaration de culpabilité de l'accusé et sa condamnation à dix ans de réclusion criminelle.

Le délibéré a été fixé au 4 août.MAMADOU NIANG

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