"Si vous ne foutez pas la paix à Sonko, vous n'aurez jamais la paix"
Ce jour-là, relate L'OBS, l’artiste Fou Malade revenait d’une visite rendue à l’homonyme de sa fille. C’est lorsqu’il s’apprêtait à quitter les environs de la plage BCEAO, qu’un homme s’est approché de lui. Élancé, de teint noir, vêtu d’un maillot blanc floqué au dos du nom «Jules Sonko», l’individu s’est adressé à lui sur un ton sec, sans aucune introduction ni ambages.
)
« Hé, Fou Malade, arrêtez de dire du n’importe quoi sur Ousmane Sonko dans votre émission Jakaarlo bi ! » Une phrase en apparence simple, mais qui sonne comme une sommation. La suite n’a rien d’une discussion. « Si vous ne foutez pas la paix à Ousmane Sonko, vous n’aurez jamais la paix.» Malal Talla n’est pas un chroniqueur comme les autres.
Fou Malade à son agresseur : "Pourquoi tu me parles avec ce ton ? Est-ce que tu me connais ?»
Tentant de comprendre ce qui motivait l’agressivité soudaine de son interlocuteur, Fou Malade s’est adressé à lui. « Pourquoi tu me parles avec ce ton ? Est-ce que tu me connais ?» La réponse a résonné comme un message collectif adressé aux journalistes et chroniqueurs, « c’est à toi que je parle et à l’ensemble des chroniqueurs de Jakaarlo bi. Vous allez foutre la paix à Sonko dans tous les cas.»
La replique de son agresseur : «Je te connais. Je sais où tu habites Je viendrai sans te prévenir. Mets-toi ça dans la tête»
Le ton monte. Les mots deviennent plus lourds, plus froids, plus inquiétants. L’homme, visiblement décidé à faire passer un message clair, va jusqu’à formuler une menace directe d’une violence psychologique rare. «Je te connais. Je sais où tu habites. Je viendrai sans te prévenir. Mets-toi ça dans la tête.» Une phrase lourde de sens, dans un pays où les clivages politiques peuvent prendre des allures de règlements de comptes.
Fou Malade : «Je t’attendrai de pied ferme. Sois le bienvenu»
Face à l'intimidation, le rappeur, fidèle à son tempérament de combattant, ne se démonte pas. «Je t’attendrai de pied ferme. Sois le bienvenu.» Les faits, selon lui, se sont produits en présence d’un témoin, un ami du nom de Pape Diallo, qui pourra attester de la scène. Dans la foulée de cet événement troublant, Malal Talla a rédigé une plainte formelle adressée au Commandant de la Brigade de la Gendarmerie de la Foire.
Une plainte déposée à la Gendarmerie de la Foire
)
Le ton est posé, mais ferme. Il y décrit avec précision les faits, les mots, l’allure de l’individu et les circonstances dans lesquelles il a été menacé. Dans cette missive, l’artiste rappelle aussi une vérité élémentaire, trop souvent négligée quand il s’agit de personnalités publiques : «Je suis un citoyen et votre devoir est de me protéger.» Ce rappel aux institutions n’est pas anodin. Dans un contexte où la figure de Ousmane Sonko divise profondément, certains de ses partisans semblent désormais prêts à franchir la ligne rouge. Cette dérive inquiète. L’homme au maillot «Jules Sonko» n’a jusqu’ici pas été identifié.