Un agent de sécurité sénégalais avait perçu 170.000 euros, soit 111 millions Fcfa en faisant travailler ses compatriotes clandestins sous son identité. Le Sénégalais de 35 ans qui travaillait sur la métropole de Bordeaux, aurait exploité une quinzaine de sans papier au niveau national, qu’ils faisaient travailler sous son nom pour le compte d’une trentaine d’entreprises. Il empochait les salaires et leur reversait peu.

Il a été mis en examen pour « aide au séjour irrégulier d’étrangers en France », « emploi d’étrangers sans titre de travail », « blanchiment de travail dissimulé et blanchiment de fraude fiscale. »

Il a été interpellé samedi dernier par la brigade mobile de recherche zonale de la police aux frontières (PAF). Il est soupçonné, selon 20 minutes.fr, d’avoir détourné 170.000 euros en faisant travailler des clandestins pour son compte.

Les faits remontent en décembre 2020 lorsque les enquêteurs de la PAF, après un renseignement selon lequel cet agent de sécurité, travaillant légalement en France et ayant l’agrément nécessaire pour exercer l’emploi d’agent de sécurité, faisait travailler sous son nom des compatriotes sénégalais en séjour irrégulier. Il percevait leurs salaires et en rétrocédait une infime partie – quelques centaines d’euros – aux clandestins.

Il avait démarré sa « petite entreprise délictuelle » au début de l’année 2020

L’homme travaillait essentiellement sur la métropole de Bordeaux, surtout dans des magasins, et aurait fait travailler une quinzaine de personnes au niveau national, pour le compte d’une trentaine d’entreprises.

En remontant l’historique de ses comptes, les enquêteurs ont pu s’apercevoir qu’il avait démarré sa « petite entreprise délictuelle » au début de l’année 2020, et qu’en un an il avait perçu pour « un peu plus de 170.000 euros de salaires. » L’argent était transféré au Sénégal pour des investissements dans l’immobilier.

Il fournissait aux individus son RIB, une copie de son agrément d’agent de sécurité, et une copie de son titre de séjour, avec lesquels ils se faisaient embaucher. Les enquêteurs se sont ainsi aperçus que dans les mêmes créneaux horaires, ils pouvaient trouver différents agents de sécurité travaillant aux quatre coins de la France avec le même nom et la même date de naissance.

Avant de tenter de s’enfuir, il aurait menacé les clandestins qu’il exploitait

Se sentant certainement sous surveillance, le suspect a commencé à s’organiser pour quitter le territoire national. Samedi dernier, il s’est ainsi présenté à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac pour embarquer vers Dakar via Roissy, et a été interpellé.

Avant de tenter de s’enfuir, il aurait menacé les clandestins qu’il exploitait, au cas où ils se feraient contrôler. L’individu a été présenté au parquet du tribunal judiciaire de Bordeaux, et placé sous contrôle judiciaire. Son passeport lui a été retiré. Il sera jugé au mois de juin.