Des hommes enlevés pour être mariés de force : ça se passe dans ce pays

Dans l’État du Bihar, situé dans le nord-est de l’Inde, plus de 2 600 kidnappings d’hommes dans le but de les marier de force ont été recensés en 2020, selon “The Indian Express”.

Mariagee

Les mariages forcés après un kidnapping sont toujours légion dans l’État du Bihar, dans le nord-est de l’Inde. “Le 29 novembre, Gautam Kumar, un enseignant […], a été kidnappé sous la menace d’une arme et forcé de se marier avec une femme âgée d’à peine 20 ans”, rapporte The Indian Express.

Cette “pratique d’un autre temps” était courante dans le Bihar dans les années 1980-1990, mais elle perdure encore aujourd’hui. Selon les chiffres officiels du Bureau de recensement des crimes de l’État, plus de 25 000 enlèvements dans le but de marier la victime ont eu lieu entre 2013 et 2016. Environ 11 500 d’entre eux concernaient des hommes. Les données plus récentes demeurent parcellaires, mais l’on estime que 4 500 enlèvements ont eu lieu en 2019 et 2 600 en 2020, avec une proportion de victimes masculines de l’ordre de 40 %.

  • 25 000 hommes enlevés entre 2013 et 2016 pour les marier de force

Le quotidien indien anglophone rapporte le témoignage d’un homme marié dans ces conditions au début des années 1980. Chandra Shekhar Choudhary a été enlevé en 1983 dans un village à une dizaine de kilomètres de chez lui, puis forcé d’épouser une jeune fille qu’il ne connaissait pas. Pour cet homme, c’est le système de la dot, fournie par la famille de la mariée – une pratique interdite en Inde mais qui perdure –, qui pousse les familles désespérées à kidnapper des célibataires “bons à marier”.

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Cacher les jeunes célibataires

Dans les années 1980, les proies de ces enlèvements étaient repérées lors de célébrations de mariage dans les environs. “Les familles des filles recevaient des informations préalables de leurs connaissances sur la caste de ces célibataires. Pour enlever le bon marié, les proches faisaient appel à une personne connue des deux familles”, explique Chandra Shekhar Choudhary. À l’époque, explique-t-il, la peur d’un enlèvement était telle que les parents des jeunes hommes célibataires ayant une situation stable leur interdisaient d’assister aux mariages.

Chandra Shekhar Choudhary est toujours marié à son épouse, Baby, avec qui il a eu cinq enfants. “Je n’aurais pas pu espérer avoir une meilleure partenaire de vie. Ses proches ont commis une erreur, mais j’ai eu la chance d’avoir une bonne épouse. Tout le monde n’a pas autant de chance que moi”, estime-t-il aujourd’hui.

Gautam Kumar, le jeune célibataire récemment enlevé, a pour sa part finalement réussi à se soustraire à cette union non désirée, explique The Indian Express. Il s’est senti “enhardi par [le verdict du 18 novembre] de la Haute Cour de Patna, annulant un mariage sous la contrainte ayant eu lieu [en 2013]”. Ce ne sont pas les droits humains qui semblent avoir motivé cette décision, mais plutôt certains manquements lors du sacrement du mariage.

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