Offense au Chef de l'Etat : trois mois de prison requis contre le journaliste Daouda Waly
Le procès de Daouda Ndiaye, administrateur du site d’informations Feeling Dakar, s’est tenu ce lundi devant la juridiction compétente. Le prévenu est poursuivi pour offense au chef de l’État et diffusion de propos jugés contraires aux bonnes mœurs, à la suite d’une publication relayée sur les réseaux sociaux. Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public a demandé au tribunal de condamner le prévenu à deux ans d’emprisonnement dont trois mois ferme, accompagnés d’une amende de 300 000 FCFA.
Selon le parquet, les faits reprochés à Daouda Ndiaye portent sur la modification et la diffusion d’une image du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, accompagnée de commentaires considérés comme attentatoires aux bonnes mœurs. Pour l’accusation, le fait d’altérer l’image du chef de l’État constitue en soi une infraction. Le procureur a notamment estimé que l’association de cette image à un habit de circoncis portait atteinte à la dignité de l’institution présidentielle. « Qu’on le veuille ou non, le président de la République est le père de la Nation. Il incarne une institution qui mérite respect », a soutenu le représentant du parquet devant la barre. Interrogé par le tribunal, Daouda Ndiaye, né en 1990, a reconnu être l’auteur d’un premier texte publié sur les réseaux sociaux. En revanche, il a contesté la paternité d’un second message également visé par la procédure.
Le prévenu a toutefois exprimé des regrets face aux faits qui lui sont reprochés, déclarant ne pas savoir ce qui l’avait poussé à publier un tel contenu. De leur côté, ses avocats, Me Iba Mar Diop et Aboubakry Barro, ont plaidé la clémence du tribunal. Ils ont indiqué que leur client avait présenté ses excuses et reconnu une erreur d’appréciation. Selon la défense, l’image controversée provenait initialement d’une publication de la chaîne « Les Pros Sonko TV », même si le prévenu n’aurait pas dû la relayer à son tour. Les conseils de la défense ont également expliqué que le directeur général du média avait pris l’initiative de contacter le président-directeur général du groupe, actuellement en France, afin que les contenus incriminés soient retirés et que des excuses publiques soient formulées. À l’issue des débats, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue lors d’une prochaine audience.