Drame de Mellila : les migrants sont morts par asphyxie (enquête marocaine)

L’autorité marocaine en charge de l’enquête sur le drame de Melilla a conclu que les 23 migrants ayant perdu la vie fin juin étaient morts par suffocation.

MELILA

Nous en savons un peu plus sur la mort des migrants africains fin juin lors de la tentative d’entrée de force dans l’enclave espagnole de Melilla (nord du Maroc). Ils ont péri par « asphyxie mécanique », selon les conclusions du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), un organisme officiel marocain qui présentait à Rabat ce mercredi 13 juillet 2022 son rapport sur la « mission d’information » formée après le drame.

Dans ses conclusions, le CNDH a décrit le mode opératoire de cet « assaut d’une singularité inédite » quand près de 2 000 clandestins ont tenté de forcer le passage à la frontière avec l’enclave espagnole de Melilla, à partir du territoire marocain, le 24 juin. « Munis de bâtons et de pierres, les migrants, en majorité des Soudanais et venus en grand nombre, se sont séparés en deux groupes : le premier a pris d’assaut un poste frontière fermé depuis 2018 et le deuxième a escaladé les murs surmontés de barbelés avoisinants », selon Amina Bouayach, la présidente du CNDH.

C’est au niveau de la zone tampon du poste-frontière entre le territoire marocain et l’enclave espagnole, équipée de tourniquets manuels permettant le passage d’une seule personne à la fois, que le drame a eu lieu, selon le CNDH. « Un nombre important de migrants se sont retrouvés entassés dans cette zone étroite, ce qui a engendré des bousculades entraînant la suffocation des migrants », a ajouté le Conseil.

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Après l’examen des cadavres, le docteur Adil el-Sehimi, qui a pris part à la mission d’information du CNDH, a dit privilégier la piste de l’« asphyxie mécanique » comme cause des décès, tout en préconisant d’attendre les résultats des autopsies qui sont « toujours en cours ».

Quant à « l’usage excessif » de la violence de la part des forces de l’ordre marocaines, dénoncé par l’Onu, l’Union africaine (UA) et des ONG de défense des droits humains, le CNDH a assuré que la répression marocaine faisait suite « au danger du nombre important de migrants armés de bâtons et pierres ». Ce drame est le plus meurtrier jamais survenu lors des nombreuses tentatives de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et dans l’enclave espagnole voisine de Ceuta, qui constituent les seules frontières terrestres de l’UE avec le continent africain.

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