Faute de frappe : Ces mails américains au cœur du Mali

Paris a cinq soldats, si un soldat meurt, Paris sera Pris. C’était un jeu d’enfants pour montrer combien il est important de bien orthographier les mots, les noms. Ceux qui sont « propres » comme Paris et ses cinq lettres et les noms communs. Un appel à la rigueur si l'on sait, depuis longtemps que le diable se trouve dans les détails.

Le bâtiment du Pentagone aux États-Unis / Crédit : SIPA

Depuis janvier, environ 117.000 emails rédigés par des militaires américains ont été envoyés à des serveurs au Mali, nous apprend le Financial Times. En cause, tenez-vous bien : une faute… de frappe. Dans la ligne d’adresse, l’expéditeur peut taper .ml, identificateur du Mali, au lieu de .mil, utilisé par les structures militaires américaines. C’est là où le bât blesse. On nous signale que le problème a été repéré par le chef de l'entreprise Mali Dili spécialisée dans la gestion du domaine national du Mali sur Internet.

Depuis janvier, il collecte des courriels expédiés au Mali par erreur. Des données destinées à des Américains qui tombent entre les mains de Maliens. Cela pouvait être plus grave si les documents en question étaient entre les mains de puissances réfractaires aux États-Unis. Même si une grande partie du flux constitue du spam et aucun n'est marqué comme classé, il n’en demeure pas moins gravissime. C’est d’autant plus compliqué que certains messages contiennent des données sensibles sur le personnel militaire américain en service, les sous-traitants et leurs familles.

Comble de l’erreur, l’un de ces courriels, consultés, comprenait l'itinéraire de voyage du général James McConville, chef d'état-major de l'armée américaine, et de sa délégation alors qu'ils se préparaient pour un voyage en Indonésie cette année. Le problème est donc à prendre au sérieux. Le Pentagone l’a pris au sérieux.

Ce flux d’emails mal dirigés constitue "un risque réel" et peut être exploité "par les adversaires des États-Unis", a écrit Johannes Zuurbier aux autorités américaines, selon le Financial Times. Faire attention, redoubler de vigilance, être sérieux, c’est la voie idéale.

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